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Vous connaissez l'effet nocebo ? La chronique du docteur Serge Rafal

France.

Vous connaissez l'effet nocebo ? La chronique du docteur Serge Rafal
(Crédit : DR)

Vous connaissiez j’imagine l’effet placebo. C’est l’amélioration obtenue par l’administration d’une substance neutre et inactive qui produit néanmoins une action positive sur le patient. Tout traitement a un effet spécifique, dû au principe actif, auquel peut se surajouter un effet placebo ou parfois nocebo. Placebo est un mot latin qui veut dire « Je plairai », sous-entendu au patient. Celui-ci attend d’être soulagé et le fait de lui donner un comprimé ou une gélule, même inactifs, a fortiori en le rassurant et en lui promettant l’amélioration, peut effectivement l’apaiser. Tous les médicaments sont d’ailleurs testés et évalués, en tenant compte de cet effet placebo, bienfaisant, indépendant de leur activité propre. 

L'effet nocebo, c’est la traduction latine de : « Je nuirai », sous-entendu, ça ne va pas me faire du bien. Ce terme a été introduit en médecine dans les années 60. Vous lisez la notice d’un médicament, quelqu’un de votre entourage a pris ce médicament et vous a averti d’un effet indésirable, vous êtes conditionné pour le voir apparaître et le subir également. Cet effet nocebo est loin d’être exceptionnel puisqu’il concerne un patient sur 4.

20 à 30% de sujets en parfaite santé constatent des effets secondaires (mal de tête, somnolence, nausées ou vomissements) lors de la prise d’un placebo, c’est dire sa puissance. Une étude britannique réalisée dans les années 80 évoquait des patients en chimiothérapie qui avaient perdu leurs cheveux alors qu’ils avaient reçu un placebo. Et dans une étude italienne sur un médicament pour la prostate, la notice avertissait qu’il y avait un risque sur la libido : sa diminution apparaissait chez un tiers de ceux qui l’avaient lue et seulement chez 10% des autres qui l’avaient jetée sans y jeter un œil.

Avec les post-Covid, tout est réuni pour favoriser ou amplifier un effet nocebo : une maladie qui fait peur, un grand nombre de personnes contaminées, des hôpitaux et des réas pleines, des morts quotidiennes, une litanie de séquelles possibles…

La grande majorité des patients guérit en 2-3 semaines, un certain nombre demeure symptomatique au-delà, et avec des symptômes très polymorphes. En dehors de l’anosmie qui fait quasiment le diagnostic, les autres symptômes sont banals et surtout non spécifiques : fatigue, difficultés respiratoires (toux, oppression, essoufflement, douleurs thoraciques), troubles psychologiques (concentration, sommeil, anxiété, dépression, SPT), maux de tête, douleurs articulaires et musculaires (myalgies). Un catalogue à la Prévert en moins humoristique où il est difficile de faire la part des choses.

On évoque des séquelles d’organes ou une persistance virale dans le SNC et olfactif, ou le tube digestif. Mais beaucoup des troubles psychologiques peuvent être liés à un effet nocebo : le simple fait de penser qu’on a été infecté par le SarsCov augmente en effet le risque de présenter des symptômes prétendus de Covid long.

S’il est vrai que la 2ème injection du vaccin entraine plus d’effets secondaires, beaucoup d’effets qui lui sont attribués sont vraisemblablement nocebo puisqu’ils apparaissent fréquemment dans les groupes placebo, consistant principalement en mal de tête ou en grande fatigue.

Patrick Lemoine, psychiatre, explique avec malice que le nocebo est un placebo qui a mal tourné. Celui-ci est une plaie pour les scientifiques mais un bienfait pour nos patients. Encore heureux que nous ayons la plupart du temps un effet placebo et pas nocebo ! 

https://youtu.be/dyYSfsieQVs

Docteur Serge Rafal

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