En ce moment Écouter la radio

La toxine botulique, un poison devenu le produit phare de la dermo-esthétique, la chronique du docteur Serge Rafal

France.

La toxine botulique, un poison devenu le produit phare de la dermo-esthétique, la chronique du docteur Serge Rafal
(Crédit : DR)

Un des poisons les plus puissants, devenu miraculeusement un des produits phare de la neurologie et surtout de la dermo-esthétique, la toxine botulique, une espèce de langue d’Esope, celle du fabuliste grec avec son côté sombre d’arme biologique et sa face lumineuse, largement utilisée à présent en médecine. On estime qu’1 mg de toxine pure pourrait causer la mort de 40 millions de souris soit 2000 tonnes de matière vivante.

Tout démarre au début du XIXème siècle au Sud de l’Allemagne, au Wurtemberg, où est constaté un empoisonnement alimentaire lié à la consommation de saucisses, « botulus » en latin. Un microbiologiste belge isole le germe et parle de « bacillus botulinus », baptisé ensuite « clostridium botulinum », responsable du botulisme, toxi-infection alimentaire rare mais grave, contractée lors de la consommation de bactérie avariées et responsable d’un DC par asphyxie. Durant la 2ème guerre mondiale, les Etats-Unis se lancent dans la recherche sur les armes biologiques et produisent une toxine botulique purifiée. On raconte que Reinhard Heydrich, directeur du RSHA, l’Office Central de la sureté du Reich, victime d’un attentat à la grenade serait peut-être mort du botulisme, dont les résistants tchèques avait enduit l’engin explosif. Dans les années 70, un OPH américain l’utilise pour traiter le strabisme d’un enfant et nomme ce produit Botox°. Une dizaine d’années plus tard, un couple de médecins américains, lui dermato, elle OPH, traitent un spasme de la paupière et constatent une atténuation des rides de la glabelle, située au-dessus du nez entre les arcades sourcilières. Ils sont très mal accueillis au 1er congrès médical où ils évoquent leurs travaux, les polémiques scientifiques vous le voyez, n’ont pas commencé avec le Covid. Le Botox° qui a fait la gloire et la fortune du laboratoire américain « Allergan » est commercialisé en France en 1993 pour combattre les maladies du mouvement sur lesquelles je reviens immédiatement et bien sûr les rides.

Ce produit empêche la libération de l’Achol au niveau de la plaque motrice du nerf, ne permettant plus la contraction musculaire. C’est donc une action strictement symptomatique et temporaire (quelques mois), pas du tout curative. L’injection au niveau des muscles responsables d’un tremblement diminue les secousses musculaires mais également la force musculaire, ce qui limite les indications en neurologie : l’injection doit être parfaitement ciblée et tenir compte des inconvénients éventuels dont elle peut être responsable. 

Les contre-indications : - Ophtalmogiques (strabisme, blépharospasme…) ; - Neurologiques (tremblement localisé à peu de muscles plutôt que diffus, torticolis réfractaire…) ; - Dermo-esthétiques afin d’atténuer, provisoirement, les rides frontales, celles du lion et de la patte d’oie.

Pas de risques avec le Botox° car les doses utilisées sont très faibles. Mais attention bien sûr aux erreurs de manipulation qui pourraient figer une expression ou un groupe musculaire.

 Même si l’écrivain et historien malien Massa Diabaté écrit « Seules les rides confèrent à la femme son caractère et sa personnalité », force est de constater que les dames font tout pour essayer de les estomper et que ce poison puissant à condition d’être utilisé à bon escient, ce qui n’est pas toujours le cas, constitue un moyen de plus en plus recherché et indiscutablement efficace… quelque temps.

https://youtu.be/KpZvhIxIbdE

Docteur Serge Rafal

Newsletter
Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

Inscrivez vous à la newsletter
La météo locale
Chabbat Vayakhel - 08/09 Mars
La toxine botulique, un poison devenu le produit phare de la dermo-esthétique, la chronique du docteur Serge Rafal