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Le glutathion, un antioxydant essentiel mais peu connu, la chronique du docteur Serge Rafal

Cette substance jouit d’une réputation moindre que la plupart des antioxydants que j’ai déjà cités ou abordés dans cette rubrique (les polyphénols, les flavonoïdes, le resvératrol, la CoQ10, le Sé…). Le glutathion joue pourtant un rôle crucial dans les défenses de l’organisme, la stimulation du système immunitaire, la régulation des mécanismes essentiels à l’homéostasie (synthèse des protéines, expression des gênes, fonctionnement des enzymes…), le métabolisme et l’élimination des toxines, des pesticides ou des résidus médicamenteux, la neutralisation des métaux lourds, la prévention des maladies neuro-dégénératives (déclin cognitif lié à l‘âge, Alzheimer, Parkinson). 

Nos cellules subissent avec les années les défauts de fonctionnement et les dégâts occasionnés par les radicaux libres malgré la protection des antioxydants, notre système de défense et de voirie. Et la production de notre anti-vieillissement physiologique, le glutathion, produit par le foie, diminue malheureusement vers la quarantaine et devient carrément insuffisante si le contexte, l’environnement et l’hygiène de vie ne sont pas irréprochables (tabagisme, stress, hyperactivité physique, exposition à la pollution, malbouffe…). C’est une des raisons pour lesquelles apparaissent à cette période de nombreuses pathologies et maladies variées (du diabète au cancer en passant par les troubles cardio-vasculaires, OPH, rhumatologiques) qui ont toutes en commun un taux déficient de glutathion. Il faut donc à tout prix, tenter de le maintenir le plus longtemps possible à un niveau optimal. Mais aucune solution de supplémentation du glutathion n’est parfaite (mauvaise assimilation, effets indésirables…). Il faut donc biaiser pour maitriser cette chute inéluctable, liée aux ans et à l’usure de la machine.    

Le glutathion est élaboré à partir de 3 acides aminés : – L’acide glutamique qu’on trouve dans les amandes, les grains de courge, les lentilles, les pois… ; – La cystéine (le facteur limitant) et la glycine, présentes dans les produits carnés, œuf, le poisson (morue), la spiruline, les graines de sésame. D’où la nécessite d’être vigilant sur l’apport de ces aliments et de quelques autres. En augmentant par exemple la consommation de certains aliments soufrés : alliacées (ail, ciboulette, échalote, poireau), crucifères (chou, navet, radis), aliments protéinés (œuf, poisson, viande), épices anti-inflammatoires (curcuma, gingembre, poivre), fort utiles à la fabrication ou au maintien d’un taux efficient de glutathion.

La supplémentation fait moins bien que l’alimentation et ne permet que d’atténuer un phénomène naturel. Vous pouvez prendre 100 à 300 mg/jour de glutathion sous forme « réduite » (veiller à ce que ça soit bien écrit sur la boîte) et liposomale (ce qui le protège de sa destruction par l’acidité de l’estomac), par courtes périodes de 3 semaines tous les 2-3 mois.

Peu connu voire inconnu du plus grand nombre, cet antioxydant majeur constitue un booster indispensable de la vie et un des facteurs préventifs du vieillissement, sujet qui me tient à cœur et à corps. Le regretté Wolinski disait que « Vieillir, c’est savoir perdre ». Mais avec l’âge, j’ai remarqué que je devenais mauvais-perdant.  

Docteur Serge Rafal