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N’oubliez pas la Coenzyme Q10 en ce moment, la chronique du docteur Serge Rafal

Je vous en ai parlé l’année dernière mais elle reste peu connue du grand public, très peu prescrite par les médecins et donc in fine trop peu utilisée. Elle est pourtant extrêmement précieuse car elle participe activement à la production d’énergie, ce qui permet à l’organisme de mieux fonctionner tout en se protégeant. Pas besoin d’en dire plus pour vous convaincre de son intérêt en ce moment où l’épidémie tend à repartir.

Ca n’est ni un nutriment ni une vitamine. Ce n’est ni un oligo-élément comme le magnésium ou le zinc, ni une vitamine puisqu’elle est en partie synthétisée par l’intestin, une vitamine par définition n’étant pas fabriquée par l’organisme. La coenzyme Q10 fait partie d’une classe de molécules appelées « ubiquinones », ce qui rend au moins compte de son domaine d’action ubiquitaire donc très étendu. Elle est proche chimiquement de la vitamine K, mais sans ses propriétés sur la coagulation. Elle a des vertus antioxydantes, c’est à dire qu’elle participe à la perméabilité, la fluidité, la stabilité des membranes cellulaires et les protège des dommages occasionnés par les radicaux libres, substances réactives impliquées dans le stress oxydant, le vieillissement et de nombreuses maladies. La coenzyme Q10 est avec la vitamine E, l’antioxydant le plus protecteur des membranes C/r. Et elle est absolument indispensable à notre système respiratoire et cardiaque, bien malmené actuellement avec les affections hivernales, le port du masque et le stress de la pandémie.

On na trouve dans de petites centrales énergétiques, les mitochondries, présentes dans toutes les cellules, principalement musculaires, donc dans le cœur. La Co-Q10 est indispensable au bon fonctionnement de cette pompe vitale et de la circulation sanguine. 

Les causes de la carence en coenzyme Q10 sont principalement le vieillissement puisque sa synthèse diminue avec l’âge : à 50 ans, sa production a chuté de moitié, et des 2/3 à 80 ans. Sont également en cause : le stress, le sport intensif, la consommation d’alcool, le tabac, la prise de certains médicaments (Bétabloquants, statines). 

Les symptômes de sa carence sont un manque de tonus, de la fatigue++, parfois un dysfonctionnement comme par exemple des palpitations cardiaques ou des douleurs musculaires.

On la trouve dans l’alimentation, dans la viande (bœuf, poulet), dans les poissons gras (hareng, sardine, saumon), les huiles (colza, soja), les oléagineux (amande, noix, pistache), le brocoli, l’épinard, l’orange… mais en petites quantités. C’est ainsi que 100 g de bœuf en apportent 3 mg, 100 g de poulet moins de 2 mg, une portion de truite saumonée, autour de 1 mg, 1 c à soupe d’huile de colza, 1 mg. D’où la nécessité de recourir à la supplémentation car nous n’allez tout de même pas manger 1 steak de 300g ou ½ kilo de poulet chaque jour.

Justement autour de 10 mg par jour mais les besoins réels peuvent être 5 à 10 fois plus élevés, selon le contexte (âge, activité, pathologies). Il faut donc supplémenter systématiquement à partir de 50 ans, a fortiori si l’on fait partie des populations à risques de carences que j’ai évoquées plus haut. On trouve en (para)pharmacie des gélules dosées à 30, 60, 100 mg (bon dosage) qu’on peut prendre de préférence au moment des repas, ponctuellement ou de façon plus prolongée.

La CoQ10 est très utile dans les grandes fatigues, quelle qu’en soit la cause (sportifs de haut niveau, patients en chimiothérapie). Elle est intéressante dans les maladies neuro-dégénératives, les pathologies cardio-vasculaires (patients qui prennent des statines), le diabète. Et probablement profitable pour tous les plus de + de 50 ans.

Des contre-indications existent. Par prudence, l’enfant, la femme enceinte et allaitante.

Une alimentation de qualité, bien choisie, variée est une condition nécessaire mais pas toujours suffisante pour rester en bonne santé. Les carences ou subcarences en vitamine D, en magnésium ou en coQ10 en sont de parfaits exemples.

Docteur Serge Rafal