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La variole du singe, un vrai danger ? La chronique du docteur Serge Rafal

France.

La variole du singe, un vrai danger ? La chronique du docteur Serge Rafal
(Crédit : DR)

Je souhaitais effectivement faire un point rassurant sur cette flambée d’infections à virus monkeypox, partout dans le monde alors qu’elles restent habituellement cantonnées à l’Afrique de l’Ouest (Bassin du Congo et Nigéria) même si quelques malades extra-continentaux ont déjà été identifiés ça et là. Rassurant déjà sur le nombre de ces cas, quelques dizaines chez nous (66 le 9 juin), un peu + de 300 en Europe (Espagne, Portugal) et au Royaume-Uni. La majorité des malades sont des hommes qui fréquentent des lieux conviviaux de rencontres masculins. Mais cette infection n’est pas classée parmi les IST car la transmission peut se faire, hors-pénétration, par le simple contact direct avec les lésions, le linge, les grosses gouttelettes respiratoires et peut-être même les + petites comme les aérosols du Covid.

Cette maladie est endémique sur le continent africain, abusivement dénommée variole du singe, en raison de ses symptômes. Le tableau clinique est celui d’un syndrome pseudo-grippal avec fièvre, suivi d’une éruption vésiculo-pustuleuse puis croûteuse qui disparaît spontanément en 2 à 3 semaines. L’homme se contamine dans deux tiers des cas, principalement dans les zones forestières, au contact de rongeurs ou de singes infectés, ses principaux réservoirs. Et dans un tiers des cas, cette contamination est interhumaine. La mortalité est faible, entre 1 et 10%, liée généralement à une surinfection bactérienne lors d’une prise en charge tardive, dans des zones d’accès difficile. La singularité de l’épidémie actuelle est qu’elle concerne des adultes en zone urbaine et que les lésions sont presque toutes génitales, ce qui informe sur le mode de transmission.

Cela inquiète les pouvoirs publics et l'OMS car les autorités de santé ont ainsi le sentiment qu’il s’agit d’une épidémie différente avec un virus qui aurait muté et se propagerait plus facilement entre humains. Ce qui dans le climat actuel de la pandémie chinoise est propice à une angoisse collective bien qu’on ne déplore pour le moment aucun décès.

Cette variole du singe se traite par un antiviral, le técovirimat, utilisé exceptionnellement, donc pas besoin de retenir son nom. Et les vaccins contre la variole qui sont également efficaces contre les infections à monkeypox. Mais la bénignité de la maladie ne nécessite pas de campagne de vaccination préventive, seuls qqs cas-contacts en ont bénéficié.  

Jane Austen, l’écrivaine anglaise, popularisée par son roman « Orgueil et préjugés » écrit : « Ne cédons pas à une alarme inutile ; s’il est juste de se préparer au pire, il n’y a pas lieu de le considérer comme certain ». C’est exactement cela, l’OMS est dans son rôle en tirant la sonnette d’alarme, ne versons surtout pas dans le catastrophisme ou le complotisme, la variole même du singe ne devrait pas remplacer ou succéder au Covid.

https://youtu.be/YeA7qomw0iw

Docteur Serge Rafal

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