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Surpoids et obésité, un risque véritablement mondial, la chronique du docteur Serge Rafal

L’OMS a raison de tirer la sonnette d’alarme car la prévalence du surpoids et de l’obésité a presque triplé depuis 1975, touchant près de 15% de la population mondiale. Actuellement plus de 2 milliards d’adultes sont en surpoids (IMC > 25) et parmi eux, plus du quart (600 millions de personnes) sont obèses (IMC >30) avec des conséquences indiscutables pour leur santé, les chiffres terribles que vous venez de donner sont suffisamment éloquents.

La cause fondamentale est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées. L’alimentation est trop abondante, trop grasse, trop sucrée, trop salée, l’activité physique elle, très insuffisante, nous l’avons évoqué récemment. Et les politiques dans certains secteurs-clés comme la prévention, l’agriculture, les transports, l’urbanisme, l’environnement, la distribution, le marketing… et l’éducation ne sont pas toujours ce qu’elles devraient être. La faim dans le monde reste dans les têtes une hantise bien plus présente que cette épidémie d’obésité qui inquiète et préoccupe surtout les médecins. 

Nous l’avons bien vu avec l’épidémie de Covid où nous avons appris à connaître l’extrême danger des comorbidités dont bien sûr l’obésité. Celle-ci est délétère pour le système cardio-vasculaire (cardiopathies, AVC, HTA), le squelette, les articulations portantes (surtout le genou), responsable du diabète du type 2. Et elle favoriserait autour de 200 000 cancers chaque année (côlon, ovaires, prostate, rein, sein, utérus).

Sans surprise, appeler toutes les parties intéressées à prendre aux niveaux local, régional, national des mesures pour améliorer les habitudes des populations en matière d’alimentation et d’activité physique dans un programme que l’OMS a appelé « Une population plus active pour un monde en meilleure santé ». Mais une épidémie contagieuse elle, a occupé et va encore occuper un certain temps le devant de la scène…

« L’homme est le seul animal que la prise de poids inquiète », écrit Philippe Meyer, journaliste, écrivain. Lui et l’homme ont raison, le surpoids et l’obésité constituent un ennemi redoutable à combattre mais il faut pour mener cette guerre non seulement une motivation individuelle et une volonté politique mais aussi des moyens financiers. Et pas sûr alors que ce soit la priorité du moment.

Docteur Serge Rafal