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La bombe à retardement d’Amnesty contre Israël

Il suffit d’un tout petit peu de bon sens pour réaliser que les accusations d’apartheid proférées par Amnesty International contre Israël, n’ont aucun fondement dans la réalité. Le rapport de l’ONG, qui a aussitôt été dénoncé par le gouvernement israélien comme « biaisé, mensonger et antisémite », déforme effectivement les faits pour les faire entrer dans sa théorie qui n’est rien d’autre que la délégitimation d’Israël comme Etat nation du peuple juif. Et n’a pas grand-chose à voir avec la défense des Palestiniens dont il ne fait avancer ni la cause, ni les intérêts. Puisqu’Israël est un Etat raciste, dans l’esprit d’Amnesty, il n’est pas légitime à exister et donc la solution à deux Etats, entamée par les accords d’Oslo en 1993 et qui reste la formule privilégiée par la communauté internationale pour résoudre le conflit, n’a donc à ses yeux aucune justification. Ce qui en toute logique, rend impossible l’avènement d’un Etat palestinien dans le cadre d’un règlement négocié.

L’objectif d’Amnesty est bien de dénier à Israël le droit d’être un Etat nation, droit que l’ONG ne réfute pour aucun autre Etat de la planète. Et comment mieux disqualifier un Etat nation qu’en l’accusant d’apartheid, le crime le plus grave juste après celui de génocide ? Et l’organisation de défense des droits de l’homme sait que son influence sur la scène mondiale lui donne une légitimité et une audience de première importance. Le rapport d’Amnesty appelle d’ailleurs l’Onu, les Etats, les organisations internationales et les entreprises à exercer sur Israël des pressions économiques, mais aussi à appliquer le principe de juridiction universelle et de le poursuivre pour crime d’apartheid.

Si on n’en est heureusement pas encore arrivé là, il existe pourtant des procédures en cours qui pourraient se révéler problématiques. A commencer par le Tribunal Pénal International. L’enquête ouverte en 2021, sur requête palestinienne, porte sur de supposés crimes de guerre perpétrés par Israël en Judée Samarie, à Gaza et à Jérusalem est depuis 2014. Les rapporteurs d’Amnesty cherchent clairement à convaincre le procureur du TPI d’ajouter l’apartheid à la qualification des crimes imputés à Israël.

Il y a aussi la commission d’enquête permanente établie il y a quelques mois par le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu et dont le mandat lui permet d’enquêter sans limite de temps et sur l’ensemble du territoire israélien et pas seulement au-delà de la ligne de 1967. Et dans un cadre plus large que les violations supposées du droit international, puisqu’il est censé aussi couvrir des actes de « discrimination systématique et de répression » contre les citoyens arabes israéliens, selon les termes de sa feuille de route. Sans compter le Haut-Commissariat des droits de l’homme et son comité pour l’élimination de la discrimination raciale qui a reçu une plainte pour discrimination de « l’Etat de Palestine » contre Israël en remontant jusqu’en 1967. Un premier rapport est attendu dans le courant de l’année. Le brûlot d’Amnesty est donc en bonne place dans l’entreprise de délégitimation d’Israël.

Pascale Zonszain