(Crédit: Twitter)

Le virus de l’antisémitisme, la chronique de Simon Moos

Je vais vous parler d’un virus sur lequel on a un recul beaucoup plus grand, un recul vieux de 2 500 ans et je parle ici de la haine des juifs. Au risque de passer pour le « chouineur israélite de service », en quête d’éternelles indignations faciles, et qui s’arroge l’autorité morale que lui confère l’héritage du génocide, oui au risque de tout ça, on va parler d’antisémitisme aujourd’hui.

Et quand je parle de virus, ce n’est pas un effet de style pour alourdir le récit des pogroms et des ghettos. Je ne dis pas que l’antisémitisme est un diabète ou un cancer. Non, je parle spécifiquement d’un virus car il se comporte comme tel.

L’ancien Grand Rabbin d’Angleterre, le brillant et regretté Jonathan Sacks nous enseigne qu’à la manière d’un virus, la haine anti-juive s’adapte à son environnement pour survivre, il mute. Naturellement, on ne parle pas ici d’un environnement biologique mais social. Histoire à l’appui :

Quand au Moyen-Âge l’environnement est religieux, la haine anti-juive l’est aussi. À l’époque, les juifs sont donc accusés de la mort du Christ ou encore d’intégrer à la recette de la matza le sang des petits chrétiens.

Plus tard, quand l’environnement est industriel, les juifs sont les méchants banquiers responsables des conflits européens. Puis arrive le darwinisme social et les Juifs inscrivent naturellement leur place au dernier rang de la pyramide raciale, on parle de racisme antisémite. 

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Et bien c’est simple, depuis 1930, plus de 110 États ont vu le jour et de ce point de vue l’environnement est celui des nations. 

Et vous me voyez venir, la nouvelle mutation du virus, c’est la haine de l’État d’Israël. Une haine qui s’exprime souvent par un deux poids de mesures obsessionnel qui fait de l’État hébreu le véritable cancer du Moyen-Orient, voire du monde. 

Alors pourquoi je vous parle de ça ? Eh bien parce que j’ai une bonne nouvelle, la haine antisémite est un virus très facile à prévoir et vu que tout le monde le fait, moi aussi, je m’auto-déclare épidémiologiste mais pas du covid, non, je parle de la question anti-juive.

Et pour vous prouver que je ne prends pas ce titre à la légère j’ai décidé de joindre les paroles à l’acte et de me mouiller. Je vous explique, hier matin, en préparant cette chronique j’ai choisi d’y intégrer un petit pronostic, un pronostic pour le Trophée des Champions qui opposait dimanche soir le Paris Saint-Germain à Lille. Mais mon prono ne portait pas vraiment sur le jeu en lui-même, non, mais plutôt sur ce qui l’entourait. Je veux parler des réseaux sociaux comme Twitter et Instagram, là où l’on peut trouver des millions d’utilisateurs généreux, toujours prêts à nous éduquer sur des questions aussi variées que la vaccination et la géopolitique. 

Alors ma prévision virale, c’était celle d’un reflux gastro-salafiste sur les réseaux sociaux puisque, et c’est loin d’être un détail, la rencontre sportive se tenait hier soir à Tel Aviv. 

Et je dois dire que pour le coup, je suis assez fier de mes justiciers du web qui, comme toujours, ont su se montrer à la hauteur de l’évènement. En répondant du hashtag #TrophéeDeLaHonte, ils ont tous, à leur manière été au rendez-vous de la créativité anti-sioniste. Dans les pépites que j’ai dénichées, on trouve par exemple : 

-Exemples de tweets anti-Israel

-Deux poids de mesures, silence quand le PSG joue en Chine.

-Conclusion légère: « On va ouvrir un site de paris « PronoBoycott », le pari où on est toujours sûr de gagner »

Simon Moos