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L’enquête sur l’attentat de la Basilique de Nice : l’accusé invoque l’amnésie

L’enquête sur l’attentat de la Basilique de Nice : l’accusé invoque l’amnésie
(Crédit : DR)
Brahim Aouissaoui, accusé d'avoir tué trois personnes en octobre 2020 dans la basilique de Nice se fait passer pour un amnésique. L'enquête révèle pourtant  un acte mûrement réfléchi. Le point de l’instruction.

« Je vais en France le pays des mécréants et des chiens »

L’enquête sur l'attentat de la basilique de Nice en octobre 2020 a révélé la détermination de Brahim Aouissaoui, accusé d'avoir tué trois personnes, mais le Tunisien refuse d'expliquer son acte en jurant une amnésie. «Je ne m'en souviens pas», «je n'ai rien à dire», répond souvent le terroriste au juge d'instruction antiterroriste qui l'a interrogé cinq fois entre le 6 avril 2021 et le 28 novembre 2022, selon des documents consultés par l'AFP.

Le massacre dans la Basilique le 29 octobre 2020

Le 29 octobre 2020, vers 8h30, Brahim Aouissaoui, 21 ans, pénètre dans la basilique de Nice armé d'un couteau d'une lame longue de 17 cm. D'abord il décapite presque Nadine Devillers, une fidèle de 60 ans. Puis il poignarde la Franco-Brésilienne Simone Barreto Silva, 44 ans, qui se réfugie dans un restaurant avant de mourir, et le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles. Deux policiers municipaux lui tirent dessus à plusieurs reprises alors qu'il se jette sur une patrouille en brandissant son couteau et criant «Allah Akbar». Gravement blessé et menotté en attendant les secours, il récite des prières en répétant plusieurs fois «Allah Akbar». Lorsqu'il se réveille à l'hôpital, il affirme avoir tout oublié de ses actes. «Le caractère systématique et opportuniste» de son amnésie ne constitue pas «un déni» mais «un système de défense qui relève d'un refus de toute collaboration» avec la justice vont considérer les psychiatres.

«Son discernement lors de l'attaque n'était ni aboli ni altéré et il présente un «profil psychopathique violent».

Les coups portés aux victimes, notamment à la gorge, confirment «l'acharnement et la détermination à tuer de Brahim Aouissaoui», ajoute une note de synthèse. Les policiers qui sont intervenus se souviennent de son «regard noir», de son «cri de haine», un «cri de guerre». L'attaque à la basilique n'est pas revendiquée par les groupes djihadistes, qui s'en félicitent néanmoins. Sur Brahim Aouissaoui, les enquêteurs ne découvrent aucune preuve d'allégeance à l'une d'elles. Mais pour eux, son parcours migratoire semble s'inscrire «dans une logique terroriste». Arrivé sur l'île italienne de Lampedusa, il est placé en quarantaine en raison du coronavirus. «Normalement demain je partirai en France, le pays des mécréants et des chiens», écrit-il à un contact le 25 octobre. «Mon ami je travaille un peu, j'ai un projet, que dieu me le facilite», envoie-t-il la veille à un autre, «j'ai quelque chose à faire, j'espère que dieu facilitera les choses».

La haine de la France et l’exemple du tueur de Samuel Paty

Si aucun message explicite sur un projet d'attaque n'a été retrouvé, les investigations ont démontré «la radicalisation à caractère terroriste» du Tunisien et «sa haine de la France». Brahim Aouissaoui réfute toute radicalisation, même si sa pratique rigoriste est confirmée. «Qu'est-ce que la pratique religieuse très stricte ? », a demandé le juge d’instruction « Moi je fais la prière», répond-t-il au magistrat qui relève qu'il s'est rendu plusieurs fois à la mosquée lors de son séjour à Nice. «Il a essayé de tromper les gens mais son parcours ne laisse aucun doute sur son profil djihadiste terroriste déterminé à tuer et à frapper la France», a expliqué Me Samia Maktouf, avocate de parties civiles. Brahim Aouissaoui a finalement laissé entendre à l'un de ses frère  qu'il est bien l'auteur de l'attaque lors d'une conversation téléphonique en juillet 2022.

Le terroriste se rapproche des radicalisés en prison

En détention, le tueur der Nice multiplie les provocations et se rapproche de détenus radicalisés. En juin 2022  il est transféré en urgence à Beauvais (Oise), soupçonné de préparer une attaque contre les surveillants avec deux autres détenus radicalisés. «Le caractère terroriste de sa démarche ne repose que sur des éléments recueillis a posteriori… Pour l'instant, il n'y a rien» plaide son avocat. Dans ce dossier, aucun complice ou commanditaire n'a pu être identifié", selon les documents consultés par l'AFP. Le procès doit avoir lieu dans le deuxième semestre de 2023 et près de 50 parties civiles l’attendent impatiemment au palais de Justice de Nice. Gabriel Attal
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