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Le Covid, c’est fini ? Chronique du docteur Serge Rafal

France.

Le Covid, c’est fini ? Chronique du docteur Serge Rafal
Le chef des programmes d’urgence de l’OMS a déclaré la semaine dernière que le Covid 19 sera bientôt comparable à la menace de la grippe saisonnière. Pour la majorité des Français, l’épidémie est terminée mais le virus continue toutefois à circuler : 4000 personnes sont testées plus chaque jour mais c’est vrai que la frénésie des tests antigéniques ou PCR est terminée. Depuis le 1er mars, les tests ne sont plus gratuits, sauf pour les moins de 15 ans et les plus de 65 ans, remboursés comme n’importe quel examen sur prescription médicale. La plupart des quelques services hospitaliers qui continuaient à imposer le masque lèvent progressivement cette obligation, la porte est même entrouverte à la réintégration des personnels non-vaccinés. Quant aux conséquences graves, elles ont chuté drastiquement puisque 1200 personnes sont décédés ces 2 derniers mois alors qu’on déplorait à la même période de 2020 les mêmes chiffres, mais chaque jour. Remarques valables dans le monde entier ? La tendance est identique partout même en Chine où le tsunami post-levée brutale des mesures zéro-Covid a probablement tué des centaines de milliers de personnes voire des millions, nous ne saurons jamais, mais où l’épidémie décroit. Les touristes peuvent d’ailleurs y retourner sans trop de contraintes. Partout en Asie, le port obligatoire du masque dans les lieux clos ou les transports en commun tombe progressivement, même au Japon et en Corée. Vous voulez probablement parler du Covid long. On estime qu’environ 2 millions de personnes chez nous, souffriraient encore, quelques mois après avoir été infectés, de symptômes persistants, variés mais invalidants : douleurs diverses principalement musculaires ou articulaires, mal de dos, fatigue, troubles digestifs, essoufflement, toux, perte de goût et d’odorat, problèmes cutanés, troubles de l’humeur et cognitifs… Nous n’avons pas d’explication, les traitements opposables sont purement symptomatiques, les consultations spécialisées totalement débordées. De nombreux patients sont en errance, osons ce terme. Les spécialistes sont unanimes, il y a une hausse post-confinement et per-Covid des troubles mentaux, surtout chez les ados et les jeunes adultes. Sante Publique France dans une enquête publiée en février expliquait que 21% des 18-24 ans avaient connu un épisode dépressif caractérisé en 2021 contre seulement 12% en 2015. Ces chiffres sont identiques à l’échelon mondial puisque l’OMS fait état d’une augmentation de 25% des troubles dépressifs en 2020. Le risque accru de dépression et d’anxiété disparaît généralement dans les 2 mois mais peut persister jusqu’à 2 ans après la contamination. Chez les personnes âgées, la fréquence de troubles cognitifs, de démence, de décompensation psychotique est plus élevée. On peut considérer que l’épidémie telle que nous l’avons connue avec ses 3 confinements fait vraiment partie du passé mais nous ne sommes pas à l’abri de petites ondulations qui pourraient vite mettre en tension un hôpital bien mal en point. « C’est la mémoire qui fait la profondeur de l’homme » écrit Charles Péguy. C’est vrai, nous devrons garder en mémoire cette histoire d’une autre époque et ne pas oublier que les seniors ont été des cibles privilégiées qui devront se protéger même d’un Sars-Cov devenu endémique. Et par conséquent se faire vacciner avec plus d’assiduité à l’automne qu’ils ne le faisaient contre la grippe, avant l’épidémie. https://youtu.be/SUMM18h_m3E Docteur Serge Rafal

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