La Radio Juive

L’importance des mesures hygiéno-diététiques pour prévenir la cystite bactérienne, chronique du docteur Serge Rafal

Cette infection bactérienne urinaire est d’origine vésicale d’où son nom de cystite. Elle est très fréquente puisqu’elle touche 1 femme sur 2 au cours de son existence avec 2 pics, l’un au début de l’activité sexuelle, l’autre au moment de la ménopause. Elle est effectivement peu grave, incommodante ou douloureuse, récidivante dans 10% des cas.

La cystite débute de façon plus ou moins brutale, généralement par des brûlures urinaires et des envies fréquentes avec émission de faibles quantités à chaque miction. Elle peut également se manifester ou s’accompagner d’une sensation de pesanteur ou de douleurs du bas-ventre, de crampes, d’urines troubles malodorantes, parfois de traces de sang. Il n’y a habituellement pas de fièvre, contrairement à la pyélonéphrite qui elle traduit une infection plus grave du rein. L’examen clinique est le plus souvent normal.

Chez la femme jeune, les premiers rapports, une sexualité active, l’usage de lubrifiants et de spermicides, une constipation opiniâtre. Chez la femme plus âgée, peuvent s’ajouter une déshydratation, une sécheresse vaginale. Chez l’homme, l’infection urinaire est quasiment toujours liée à un problème prostatique. Et bien souvent, on ne retrouve aucune cause évidente. On parle de cystite récidivante à partir de 4 épisodes par an, séparés par un intervalle libre de quelques semaines.

Un ou des germes sont en cause ? Escherichia Coli, le colibacille, est identifié dans 85% des cas, plus rarement des Protéus, des Klebsielles, des Staphylocoques. On parle d’infection urinaire lorsque le nombre des bactéries est supérieur à 10 puissance 5 germes/ml sur l’ECBU. Elle justifie dans ce cas-là la prise d’antibiotiques.

– Utiliser un gel lavant doux, sans savon, en écartant les gels intimes parfumés, – Eviter les toilettes excessives, en particulier les douches vaginales ; – Faire attention aux gels spermicides ; – Vider sa vessie avant et après les rapports : – Aller uriner toutes les 3h, même en l’absence d’envie ; – Porter des vêtements de coton plutôt que des synthétiques ; – Traiter la constipation, – Et enfin, un conseil de bon sens, très utile : s’essuyer après la selle, d’avant vers l’arrière et pas l’inverse, pour des raisons facilement compréhensibles. 

Une plante, la canneberge, empêche le colibacille de s’accrocher à la paroi vésicale. Elle peut être proposée à la dose de 36 mg/jour. Elle se montre efficace dans la moitié des cas. Des probiotiques locaux peuvent également constituer une alternative aux antibiotiques, tout comme un sucre simple, le D-mannose, efficace lui aussi dans environ la moitié des cas.

« Rien ne sert de pisser si on n’en a pas envie » nous dit Pierre Dac. Malheureusement dans la cystite, on pisse beaucoup, peu et avec difficultés. Tout doit donc être fait pour la traiter, ce qui est facile puis prévenir les récidives, ce que font les mesures hygiéno-diététiques vraiment in-dis-pen-sables pour éviter la noria des antibiotiques dont nous connaissons et déplorons les résistances fâcheusement de plus en plus fréquentes. 

Docteur Serge Rafal

LE 23-01-23 - 09:41