(Crédit: DR)

France: le nombre d’infractions à caractère raciste en hausse de 5% en 2020

Dans un communiqué publié par le ministère de l’Intérieur, 11 338 infractions « commises en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la prétendue race ou la religion » ont été recensées par les forces de l’ordre l’an dernier.

Les infractions à caractère raciste ont augmenté en France de 5% en 2020 mais la hausse est moins forte que l’année précédente. Il y en avait eu 9 328 en 2018. Sur deux années, l’augmentation est de 21,5 %. Mais ces chiffres sont à analyser avec précaution, car en raison de la crise sanitaire, les procédures enregistrées par le ministère de l’Intérieur  » ne représentent qu’une faible partie des faits à caractère raciste « . Le communiqué de la place Beauvau précise:  » Les confinements ont fortement influencé les conditions de dépôt de plainte, pour les victimes et les forces de sécurité, alors que certaines formes de délinquance n’ont pas pu s’exercer tandis que d’autres se sont renforcées « .
Les infractions enregistrées l’année dernière se répartissent à part quasi égales entre crimes et délits (5 511) – en baisse de 2 % par rapport à 2019 – et contraventions (5 827), en hausse de 12 %. Près de 65 % de ces crimes et délits sont des injures, provocations ou diffamations publiques, et elles diminuent de 7 %. La majorité (59 %) de ces crimes et délits a eu lieu dans une agglomération de 200 000 habitants ou plus. 27 % de ces crimes et délits ont eu lieu en région parisienne.
La plupart des victimes des crimes et délits sont des hommes (58 %), âgés de 25 à 54 ans (71 %). Les étrangers sont surreprésentés parmi elles : ils comptent pour 19 %, quasiment trois fois plus que leur part dans la population (7 %). C’est encore plus significatif pour les ressortissants d’un pays d’Afrique, qui représentent 14 % des victimes mais seulement 3 % de la population.
Enfin, le ministère de l’Intérieur note que « les caractéristiques sociodémographiques des mis en cause » pour crime ou délit à caractère raciste « se distinguent nettement de celles de l’ensemble des mis en cause » pour tous types de crime ou délit. La part des femmes y est ainsi plus élevée (30 % contre 17 % parmi l’ensemble des mis en cause), et l’âge moyen est supérieur (43 ans contre 32).

Christophe Dard