La Radio Juive

Biennale de Venise 2021: « Je suis une artiste, pas une activiste » du BDS, affirme Zineb Sedira

L'artiste franco-algérienne Zineb Sedira à son exposition présentée au Jeu de Paume à Paris. Source: YouTube du Jeu de Paume.

L’artiste franco-algérienne, Zineb Sedira, a été désignée pour représenter la France à la biennale de Venise en 2021. Un choix qui a suscité une vive polémique et l’incompréhension du CRIF notamment. L’artiste a démenti jeudi les « accusations infondées et calomnieuses » affirmant qu’elle a des liens avec le BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). La plasticienne a assuré être « une artiste, pas une activiste ».

« Jamais je n’ai adhéré à cette organisation, jamais je n’ai eu d’accointance avec ce mouvement. Je condamne d’ailleurs fermement tout boycott et je ne peux être associée ou être solidaire du BDS. Je m’oppose au BDS et à tout boycott global qui aurait pour résultat contre-productif d’affecter et de paralyser les femmes et les hommes désireux de vivre en paix »,a ajouté Zineb Sedira.

L’artiste franco-algérienne a encore ajouté: « Le retrait de mon œuvre a été instrumentalisé par le BDS (…). C’est la raison pour laquelle non seulement aucun boycott d’Israël ne saurait m’être reproché, mais en plus j’ai eu le plaisir d’y exposer mes œuvres au musée d’Herzliya (…) et plus anciennement à Jérusalem et à Nazareth. »

BHL s’interroge, Jacqueline Frydman écrit une lettre à Frank Riester

La désignation de Zineb Sedira pour représenter la France à la biennale 2021 a entraîné un tollé sur les réseaux sociaux mercredi. Le philosophe, Bernard-Henri Lévy s’est interrogé sur le choix « d’une artiste activiste du BDS, chantre du boycott d’Israël ».

Le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF), Francis Kalifat, a lui exprimé son incompréhension face à cette décision française.

Jacqueline Frydman, présidente d’ISART, une association de promotion des échanges culturels entre la France et Israël, a quant à elle envoyé une lettre au ministre de la culture, Frank Riester. « Votre choix est en opposition complète avec les déclarations d’Emmanuel Macron qui, la semaine dernière, à Jérusalem, appelait à combattre toute forme de haine et d’antisémitisme », a t-elle expliqué.

« La sélection de cette artiste, membre d’une organisation appelant à l’exclusion d’un pays démocratique et de ses artistes avec les dérives antisionistes et antisémites que l’on connaît, est une promotion de la campagne dite BDS dont les appels au boycott d’Israël en France ont été condamnés par la plus haute juridiction française », a prévenu Jacqueline Frydman.

Gabriel Attal

LE 30-01-20 - 16:40