La Radio Juive

Renseignements militaires israéliens: l’Iran peut obtenir une bombe atomique d’ici 2 ans

Moins de risque de guerre directe, mais risque accru de dégradation sur le front nord. Les services de renseignement de Tsahal sont prudents, d’abord parce que l’élimination le 3 janvier de Qassem Soleimani par les Américains a rebattu les cartes régionales.

Pourtant, l’Iran ne va pas dériver de son cap. Il va seulement devoir réévaluer ses priorités. Sur son programme d’armement nucléaire, les analystes d’AMAN estiment que si l’Iran poursuit son enrichissement d’uranium tel qu’il l’a annoncé, il disposera d’ici l’automne de la quantité suffisante pour la production d’une bombe. En revanche, il lui faudra attendre 2022 pour un missile capable d’emporter une ogive nucléaire.

Tout va dépendre des décisions de l’ayatollah Ali Khamenei, qui dicte la politique de la république islamique. Selon les experts militaires israéliens, il va devoir choisir entre une voie radicale et une option plus modérée, escomptant un possible changement de président à la Maison Blanche, mais aussi une reprise des négociations sur son programme nucléaire. Et il lui faut égalment calmer la contestation intérieure qui pourrait devenir une menace réelle pour la survie du régime.

Dans le même ordre d’idées, l’Irak reste aussi un front à surveiller pour les renseignements de Tsahal. L’Iran va-t-il pouvoir y maintenir son influence, qui devait beaucoup à l’action de Soleimani auprès des milices chiites ? Et les Etats-Unis n’ont pas encore exprimé clairement leurs intentions sur un maintien ou un retrait de leurs troupes d’Irak.

La Syrie reste un front complexe, par la diversité de ses menaces. Les experts d’AMAN estiment pourtant que le président Assad ne considère pas Israël comme une priorité. Le dictateur syrien est plus occupé à récupérer les territoires encore détenus par les rebelles, et ceux qui ont été occupés par la Turquie. En revanche, le Golan reste une zone hautement sensible, de par la présence du Hezbollah et d’autres éléments iraniens, mais aussi par celle de Daech et du Jihad islamique. C’est dans cette zone que les risques de guerre restent les plus importants.

Le Hezbollah en difficulté au Liban

Au Liban, c’est toujours le Hezbollah qui reste l’acteur le plus menaçant. Pourtant, plusieurs facteurs pourraient modifier la situation. D’abord la mort de Soleimani. Le chef de la force al Qods iranienne était extrêmement impliqué auprès de Hassan Nasrallah, et c’est maintenant que l’on va pouvoir mesurer la marge d’initiative du chef du Hezbollah. De plus, la situation intérieure libanaise pourrait inciter le leader du mouvement chiite à se mettre en retrait pour ne pas attiser la rancœur du public contre lui. Enfin, le programme de développement de missiles de précision dont l’Iran veut doter le Hezbollah a été considérablement freiné par les opérations israéliennes.

Enfin, sur le front des Palestiniens, les experts d’AMAN distinguent l’Autorité Palestinienne, où ils prennent en compte un risque d’escalade et d’instabilité en cas de disparition ou de fin du régime de Mahmoud Abbas. Et la Bande de Gaza, où au contraire, le Hamas semble disposé à une trêve de longue durée, sans abandonner toutefois ses séquences de violence contre Israël.

Pascale Zonszain

LE 15-01-20 - 09:42