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Après le "Deal du siècle", les risques d'une escalade

Israël.

Après le "Deal du siècle", les risques d'une escalade
La Maison Blanche a publié un plan politique de 50 pages, après la présentation du "Deal du siècle" par Donald Trump (Crédit: White House)
Deal du siècle

Israël entre dans une zone de turbulences, ou en tout cas d'incertitude sécuritaire. Tout nouvel ingrédient ajouté dans le fragile équilibre israélo-palestinien, est susceptible de déclencher une réaction violente. Cela s'est déjà malheureusement vérifié à l'occasion des précédents processus diplomatiques et en particulier au cours des années 90, où l'on avait assisté à la montée en puissance du Hamas et de ses attentats suicide, mais aussi des groupes armés du Fatah, qui servaient de levier à Yasser Arafat pour faire pression sur Israël.

Aujourd'hui, la réalité sur le terrain est évidemment différente. Le Hamas et le Fatah sont devenus deux organisations rivales, voire ennemies. La première règne sur la Bande de Gaza et la seconde sur la Cisjordanie. Une opposition commune au plan de paix américain peut-elle être le moteur d'une réconciliation, régulièrement mise en échec depuis près de quinze ans ? Ce sera l'un des premiers développements à suivre. Hier soir, pour la première fois, le chef de l'Autorité Palestinienne a convié des représentants du Hamas et même du Jihad islamique en Cisjordanie, à participer à la réunion d'urgence qui s'est tenue à Ramallah. Et il a aussi parlé au leader du Hamas Ismaïl Haniyeh.

Quelles ressources de contestation pour l'AP?

Ensuite se pose la question de la capacité de mobilisation de l'Autorité Palestinienne. Dans les agglomérations de Cisjordanie, les manifestations restent jusqu'à présent d'une ampleur limitée. La situation peut évoluer si Mahmud Abbas les déplace vers les faubourgs, où sont situés les checkpoints de Tsahal. Mais là encore, si la population ne répond pas en masse, l'effet restera limité. Et les expériences passées n'incitent pas non plus les Palestiniens à soutenir une nouvelle escalade face à Israël, alors que leur situation, en tout cas en Cisjordanie, s'est relativement améliorée au cours des dernières années.

Le Hamas de son côté, a déjà fait la preuve de sa capacité de nuisance, mais n'apportera son appui armé à l'Autorité Palestinienne que s'il est sûr d'en tirer avantage, notamment en reprenant pied en Cisjordanie.

Tout dépendra donc d'une décision stratégique du chef de l'Autonomie. Outre un rapprochement avec le Hamas, il a absolument besoin de reformer un front arabe uni. Mahmud Abbas tente de mobiliser le soutien des Etats arabes qui réuniront ce weekend au Caire leurs ministres des Affaires étrangères. Une résolution unanime le remettrait en position de force face aux Etats-Unis, en lui permettant aussi de rallier l'appui des Européens. Il pourrait alors concentrer son opposition sur le front diplomatique.

Si en revanche, il ne parvient pas à mobiliser les pays arabes en sa faveur, le chef de l'Autonomie pourrait opter pour une radicalisation et mettre à exécution ses menaces de cesser la coopération sécuritaire avec Israël, voire de résilier les accords d'Oslo et même de démanteler l'Autorité Palestinienne. Dans ce cas, le spectre d'une troisième intifada pourrait devenir réalité.

Pascale Zonzsain

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