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Deuxième round à la Knesset pour le gouvernement Bennett

Israël.

Deuxième round à la Knesset pour le gouvernement Bennett
(Crédit: Knesset)

Naftali Bennett apprend vite. Depuis son discours assez peu réussi devant l'Assemblée Générale de l'Onu il y a une semaine, le Premier ministre israélien s'en est mieux tiré hier après-midi devant la Knesset. Plus factuel, plus assuré et plus incisif, Bennett ne s'est pas laissé impressionner par les interruptions des députés de l'opposition et a présenté le bilan des cent premiers jours de son gouvernement. Il a confirmé la poursuite de sa ligne sur la crise sanitaire avec la vaccination, les tests et surtout le maintien de l'ouverture de l'économie. "Le confinement ne doit être que le dernier recours" a martelé le chef du gouvernement. Et il s'est déclaré fier de sa coalition hétéroclite, née d'un "accident politique", comme il l'avait déjà expliqué aux Nations Unies.

Mais cette assurance de Naftali Bennett n'a pas impressionné Benyamin Netanyahou qui se fait à son nouveau statut de chef de l'opposition. Le leader du Likoud n'a fait aucun cadeau à son successeur, qu'il a accusé de dilapider les ressources précieuses qu'il a reçues en héritage et a dressé un virulent réquisitoire sur la gestion de la 4e vague épidémique, parlant de "1.300 victimes qui auraient pu être évitées" si le gouvernement Bennett n'avait pas perdu de temps à faire venir les vaccins nécessaires. Une charge qui donne un avant-goût des débats qui vont animer la session d'hiver de la Knesset, alors que le gouvernement a une série impressionnante de défis à relever.

La coalition va effectivement devoir serrer les rangs et compter chacune de ses voix, alors qu'elle doit encore faire passer en deuxième et troisième lectures le budget de l'Etat, avant le 14 novembre, sauf à entrainer une nouvelle dissolution de la Knesset. Et la bataille s'annonce rude, car il faudra s'attendre à des ultimatums ou des conditions de dernière minute de tel ou tel parti ou député qui voudra exploiter la faiblesse de la majorité parlementaire à son profit. Sans compter les efforts de l'opposition pour semer la discorde dans les rangs de la coalition sur tous les textes sensibles qui forment son programme. De la réforme de la loi sur la citoyenneté à la loi sur la conscription, en passant par la réforme de la cacherout ou la reconnaissance des localités bédouines du Néguev, chaque parti de la coalition aura des occasions d'opposer son idéologie à celle de ses partenaires politiques.

Il faudra donc à Naftali Bennett des trésors de diplomatie, ou d'autorité pour concilier les différentes positions. Il pourra laisser une marge de manœuvre à ses alliés comme il l'a fait avec les ministres de Meretz qui sont allés dimanche soir rendre visite à Mahmoud Abbas. Plutôt que de leur interdire le déplacement à Ramallah, le chef du gouvernement israélien a préféré les laisser dialoguer avec le chef de l'Autorité Palestinienne et leur permettre ainsi de montrer à leur base qu'ils n'avaient pas renoncé à leurs idées, sans pour autant remettre en cause le refus de Bennett de négocier avec Abbas autre chose que les aspects civils des relations avec l'Autonomie palestinienne.

Mais tout ne sera probablement pas si facile. Plusieurs trajectoires de collision sont possibles au sein de la majorité et on pourra compter sur l'opposition pour les alimenter.

Pascale Zonszain

pzoom051021

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