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Washington prévient Israël des conséquences « graves » en cas d’effondrement de l’Autorité Palestinienne

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Washington prévient Israël des conséquences « graves » en cas d’effondrement de l’Autorité Palestinienne
Le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller - X

Dans un nouvel effort de Washington pour amener son allié à débloquer certains fonds, les États-Unis ont mis en garde Israël contre les conséquences négatives « considérables » de l’effondrement de l’Autorité palestinienne (AP).

« Nous avons fait comprendre de manière explicite au gouvernement israélien, lors de conversations très directes, que rien ne pourrait être plus contraire aux intérêts stratégiques d’Israël que l’effondrement de l’Autorité palestinienne », a indiqué le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, à la presse.

Tout en reconnaissant les dysfonctionnements de l’AP, il a affirmé que l’organe basé à Ramallah avait contribué à maintenir la stabilité en Judée-Samarie alors même que la guerre fait rage dans la bande de Gaza, dirigée depuis des années par son rival, le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Si vous voyez l’Autorité palestinienne s’effondrer et l’instabilité se répandre en Judée-Samarie, ce ne sera pas seulement un problème pour les Palestiniens », a-t-il ajouté,  » ce sera aussi une menace très importante pour la sécurité de l’État d’Israël ».

En vertu des accords de paix conclus dans les années 1990, Israël collecte les fonds fiscaux de l’AP, qui exerce une autonomie limitée dans certaines parties de la Judée-Samarie.

Israël reverse ensuite ces fonds à l’AP.

Mais après l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dans le sud d’Israël et la guerre qui s’en est suivie à Gaza, Israël a bloqué les recettes pendant des mois et n’a accepté que récemment de transférer les centaines de millions de shekels de recettes fiscales de l’AP via la Norvège, afin de s’assurer qu’aucun montant ne serait détourné vers Gaza.

Le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a toutefois averti depuis lors qu’il interromprait le transfert de fonds si l’AP poursuivait ses efforts pour obtenir une reconnaissance internationale en tant qu’État.

La Banque mondiale a récemment averti que la situation budgétaire de l’AP s’était « considérablement aggravée » et qu’elle risquait de s’effondrer complètement.

De son coté, le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a déclaré jeudi à Bagdad que l’AP basée en Judée-Samarie était prête à rétablir une direction palestinienne « unifiée » après la guerre.

Depuis des affrontements fratricides en 2007, le leadership palestinien est divisé entre l’Autorité palestinienne, menée par le Fatah de Mahmoud Abbas, qui exerce un pouvoir limité en Cisjordanie, et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza depuis.

« Nous sommes prêts, en tant que Palestiniens, à assumer nos responsabilités dès le lendemain (de la guerre à Gaza) afin d’aider (…) à restaurer l’unité du peuple et des dirigeants palestiniens », a affirmé Mustafa lors d’une conférence de presse aux côtés du ministre irakien des Affaires étrangères Fouad Hussein.

« Nous devons également nous préparer à la création d’un État (palestinien) et aux responsabilités que cela implique », a-t-il ajouté, quelques jours après la reconnaissance de l’État de Palestine par l’Espagne, l’Irlande et la Norvège.

Le rôle de l’Autorité palestinienne après la guerre demeure toutefois incertain, en raison de son influence limitée à Gaza et du refus du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’envisager un futur État palestinien.

Des dissensions sont apparues au sommet de l’État israélien autour du scénario de l’après-guerre dans la bande de Gaza, au moment où le gouvernement affirme y mener la « bataille décisive » pour anéantir le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas.

Washington a estimé fin mars qu’une « Autorité palestinienne redynamisée » pouvait jouer un rôle pour « créer les conditions d’une stabilité à la fois en Judée-Samarie et dans Gaza ».

Une idée balayée par Netanyahu, pour qui l’AP, chassée de Gaza en 2007 par le Hamas et qu’il accuse de « soutenir » et « financer le terrorisme », n’est « certainement pas » une option pour diriger la bande de Gaza.

Gabriel Attal

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