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Le producteur du film« La Zone d’Intérêt » dénonce le discours anti-israélien de son réalisateur juif britannique Glazer aux Oscars

Culture.

Le producteur du film« La Zone d’Intérêt » dénonce le discours anti-israélien de son réalisateur juif britannique Glazer aux Oscars

Attribuant au Hamas la responsabilité des victimes civiles, Danny Cohen a déclaré être "fondamentalement en désaccord" avec les propos du réalisateur Jonathan Glazer qui, à ses yeux, "détournent l'attention" des mérites du film lauréat des Oscars à Hollywood. 

C’est en tant que Juif que le cinéaste a condamné Israël dans sa guerre au Hamas . C’est aussi le problème de cette affaire . 

Et si c’était une forme d’antisémitisme juif ?

 L’un des producteurs juifs d’un film sur la Shoah qui a été primé aux Oscars, « La Zone d’Intérêt », a donc déclaré être en désaccord avec le discours prononcé lors de la cérémonie de remise des prix par le réalisateur du long-métrage, Jonathan Glazer. Ce dernier avait très vivement critiqué Israël dans son allocution lors de la remise de son prix. Le mémorial d’Auschwitz a, de son côté, écrit un post, sur les réseaux sociaux qui a pris sa défense.


Ce sont les dernières réactions dans le cadre de la controverse qui a été provoquée par les paroles prononcées, dimanche dernier, par Glazer. Alors qu’il acceptait la récompense du meilleur film international, le réalisateur juif britannique avait déclaré que lui-même et ses producteurs étaient « des hommes qui refusent que leur judéité et que la Shoah soient utilisées par une occupation qui a entraîné un conflit avec un nombre si important de victimes innocentes, qu’il s’agisse des victimes du 7 octobre en Israël ou de la guerre qui est actuellement en cours à Gaza. »


Aujourd’hui, c’est encore un producteur du film qui prend part à la bataille : Danny Cohen, qui a fait jeudi une apparition dans un podcast pour faire part de son désaccord avec les propos qui ont été tenus aux Oscars et qui ont, selon lui, « détourné l’attention » des mérites du film.

« Je suis tout simplement fondamentalement en désaccord avec Jonathan à ce sujet », a dit Cohen, qui est un ancien cadre de la BBC.

« Le soutien que j’apporte à Israël est sans faille », a continué Cohen. Il a déclaré que la guerre qui oppose actuellement Israël au Hamas « est de la responsabilité du Hamas, une organisation terroriste génocidaire qui continue à détenir des otages, à les violenter et qui n’utilise pas ses tunnels pour protéger les civils innocents à Gaza, mais pour se cacher et pour laisser mourir les Palestiniens. »

Le film lui-même, qui a remporté deux Oscars, évoque la vie – romancée – du commandant du camp nazi d’Auschwitz, Rudolf Höss, et de sa famille, vivant un quotidien tranquille aux portes du camp de la mort.


L’Anti-Defamation League (ADL) et des organisations réunissant des survivants de la Shoah aux États-Unis – ont fustigé le discours de Glazer, l’accusant d’avoir établi une comparaison inappropriée entre Israël et l’Allemagne nazie.


Un ancien conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu, de son côté, a estimé que le réalisateur était « un Juif souffrant de haine de soi ».

Glazer n’a fait aucun commentaire depuis les Oscars.


Selon Cohen, qui a récemment dénoncé « l’antisémitisme systémique » qui, à ses yeux, sévit à la BBC depuis l’attaque du 7 octobre, le discours de Glazer a détourné l’attention de la réussite du film et les propos tenus sont susceptibles d’avoir effrayé ceux qui voyaient dans ce long-métrage un nouvel outil de sensibilisation et d’enseignement de la Shoah – ne serait-ce qu’en raison de la controverse politique suscitée par son réalisateur.


« Le film est un extraordinaire triomphe en matière de réalisation cinématographique », s’est-il exclamé. « C’est l’un des films les plus remarquables depuis des décennies ; c’est l’un des films réellement grands consacrés à la Shoah et il continuera à se présenter comme tel au fil des ans. Et je constate que le débat de cette semaine, ce moment de grande reconnaissance pour ce film, qui a obtenu deux Oscars, n’a pas porté sur le film mais sur le discours. Jon a passé dix ans à faire le film et il a fait quelque chose de remarquable mais les gens parlent davantage, cette semaine, de ce qu’il a pu dire en l’espace de 30 secondes ».


Laszlo Nemes, le réalisateur du film « Le Fils de Saul », lui aussi consacré à la Shoah et salué par la critique, s’en est pris à Glazer accusé d’alimenter un discours qui « prôné l’éradication de toute présence juive de la terre 


Le cinéaste a estimé auprès du Guardian que « La Zone d’Intérêt » était un film important : « Il n’est pas fait de manière habituelle. Il met en doute la grammaire du cinéma. Son réalisateur aurait mieux fait de garder le silence plutôt que de montrer qu’il ne comprend rien à l’Histoire et aux forces qui défont la civilisation, avant ou après la Shoah ».

« S’il avait assumé la responsabilité qui vient avec un film tel que celui-là, il n’aurait pas eu recours à des éléments de langage qui sont disséminés par le biais d’une propagande dont le but est, en fin de compte, d’éradiquer toute présence juive de la Terre ».

« C’est quelque chose de particulièrement troublant à une époque où nous connaissons un niveau de haine antisémite similaire à celui qui régnait avant la Shoah – cette fois-ci, de manière tendance, progressiste », a écrit Nemes. « Aujourd’hui, la seule forme de discrimination qui n’est pas seulement tolérée mais encouragée, c’est l’antisémitisme. »


Mais une autre voix majeure est aussi intervenue dans le débat – en soutien, cette fois-ci, au réalisateur. Jeudi, le directeur du musée et mémorial d’Auschwitz en Pologne, où Glazer avait tourné certaines scènes du film et où il a récemment prononcé une allocution, a posté une publication prenant la défense du réalisateur sur les réseaux sociaux.

« Dans son discours d’acceptation, Jonathan Glazer a simplement émis un message moral universel mettant en garde contre la déshumanisation. Son objectif était de ne pas descendre au niveau du discours politique », a estimé Piotr Cywinski. « Les critiques qui attendaient de sa part un positionnement politique clair ou un film parlant exclusivement du génocide n’ont pas compris ce message en profondeur ».

Cywinski n’a pas évoqué spécifiquement Israël dans sa publication, concluant que ‘La Zone d’Intérêt’ « n’est pas un film sur la Shoah. C’est avant tout une mise en garde grave qui parle d’Humanité et de nature humaine ».

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