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Une rotation et des élections

Israël.

Une rotation et des élections
(Crédit : porte-parole de la Knesset)

Avant tout, il faut passer par l'étape de la dissolution du parlement. Même si l'affaire semble pliée, ce n'est pas si simple. La coalition sortante veut avancer le plus vite possible, mais le projet de loi de dissolution qui sera présenté cet après-midi en assemblée plénière, ne pourra passer qu'une seule lecture, et pas les trois votes le même jour, comme l'espérait la coalition. Et parallèlement, le Likoud pourrait maintenir son propre texte sur la dissolution de la Knesset. Pourquoi ? Eh bien paradoxalement pour gagner du temps. Benyamin Netanyahou n'a pas abandonné l'idée de former un gouvernement alternatif dans la Knesset actuelle, sans passer par les élections. Et il ne pourra plus le faire une fois que le parlement aura acté sa dissolution.

Ensuite, la loi de dissolution de la Knesset doit aussi fixer la date des élections législatives anticipées. Soit les partis arrivent à se mettre d'accord sur la date du 25 octobre, souhaitée par la coalition, soit il n'y a pas de consensus, et alors les élections doivent se tenir dans les 90 jours qui suivent la dissolution, soit entre fin septembre et début octobre, en fonction de la date du vote et en prenant en compte les jours fériés de Rosh Hashana.

A partir du moment où la loi de dissolution de dissolution est votée, Naftali Bennett quitte la tête du gouvernement et passe le relais à Yaïr Lapid, qui de Premier ministre suppléant, devient Premier ministre en titre. Et le chef du parti centriste Yesh Atid restera en fonctions jusqu'à l'investiture du gouvernement qui sera formé après les législatives. Ce qui veut dire qu'il peut compter sur un mandat de six mois, voire plus si la prochaine Knesset n'est pas en mesure de dégager une coalition. Mais on n'en est pas là. Yaïr Lapid devient donc chef du gouvernement, car c'est ce qui avait été convenu dans l'accord de coalition qu'il avait conclu avec Naftali Bennett. Il ne faut pas oublier que c'est Yaïr Lapid qui avait reçu mandat de former le gouvernement après les élections de mars 2021, quand Benyamin Netanyahou, arrivé en tête du scrutin, avait échoué à réunir une majorité parlementaire. Si la coalition avait tenu, c'est seulement en août 2023 que Yaïr Lapid aurait dû prendre la rotation après Naftali Bennett. Et comme on n'est pas dans un scénario de rotation mais de transition, le leader centriste conservera aussi son portefeuille de ministre des Affaires étrangères, tandis qu'il n'y aura pas de remaniement à l'intérieur du gouvernement, car pour nommer un nouveau ministre, il faut la confiance du parlement. Ce qui veut dire aussi que Naftali Bennett va se retrouver dans une situation inédite, toujours Premier ministre suppléant, mais sans fonction ministérielle. Il pourrait toutefois continuer à superviser le dossier de l'Iran. Pour le reste, le gouvernement israélien continuera à fonctionner normalement. Il sera seulement limité par le fait que sans majorité au parlement, il lui sera quasiment impossible de faire voter de nouvelle loi.

Donc, mis à part cette rotation à la tête du gouvernement scrupuleusement respectée par Naftali Bennett qui passe le relais à Yaïr Lapid, tout le reste est malheureusement familier aux Israéliens, pour qui ce sera le 5e scrutin législatif en l'espace de trois ans et demi.

Pascale Zonszain

pzoom220622

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