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Une nouvelle menace en Irak, pour la paix au Moyen Orient, la chronique d'Arié Bensemhoun

International.

Une nouvelle menace en Irak, pour la paix au Moyen Orient, la chronique d'Arié Bensemhoun
(Crédit : DR)

Le mois dernier, le Parlement irakien a adopté une « loi anti-normalisation » prescrivant la mort pour le moindre contact avec un citoyen israélien. La semaine dernière, des députés et des milices de l'Afrique du Nord au Golfe ont appelé à promulguer des lois similaires. Le Yémen, contrôlé par le mouvement houthi soutenu par l'Iran, a adopté jeudi la mème législation. Avant le voyage que doit effectuer le président Jo Biden en Israël, dans les territoires palestiniens, en Arabie saoudite et peut-être dans d'autres pays arabes, cet axe de résistance menace de bloquer les efforts diplomatiques visant à étendre les accords d'Abraham ou même d'inverser certains des progrès. L'administration américaine, mais également les pays européens, doivent aider les défenseurs de la paix arabes à y mettre un terme.

L'Iran et ses alliés comprennent à quel point l'engagement civil avec Israël facilite le progrès diplomatique, et ils s'efforcent donc de faire taire les militants de la paix et d'attaquer les liens naissants. 

Si la loi anti-normalisation irakienne engendre des copies panarabes, elle pourrait faire pression sur les nations qui ont normalisé leurs relations avec Israël pour qu'elles changent de cap, en particulier le Soudan, signataire des accords d'Abraham. Cette relation est déjà suspendue, car l'administration Biden souhaite qu'Israël reporte les étapes finales de l'accord dans le cadre d'une stratégie américaine visant à mettre fin au régime militaire au Soudan. Les tentatives israéliennes de répondre à cette demande tout en faisant progresser la diplomatie en renforçant les liens avec toute future direction civile sont mises en péril par les pressions extrémistes pour faire adopter ces lois.

La prolifération de ces lois pourrait également ralentir la transition des pays d'Afrique du Nord et du Golfe, qui passent discrètement de l'aide israélienne à la sécurité à l'établissement de liens civils et gouvernementaux plus complets. Dans les zones palestiniennes, où la visite de M. Biden vise à relancer la diplomatie endormie, les factions irrédentistes seront confortées par cette nouvelle résistance et feront en sorte qu'aucune formule de compromis avec Israël ne bénéficie d'un débat public avec la société civile plus encline que les dirigeants politiques corrompus à cheminer vers la paix.

En soutenant les défenseurs locaux de la paix, l'Amérique et l’Union Européenne peuvent contrecarrer les ambitions de l'Iran, de ses mandataires et des autres factions islamistes et/ou terroristes qui partagent leur aspiration à isoler Israël. Washington, mais c’est également vrai pour Paris, Londres ou Berlin, devrait affirmer explicitement que les Irakiens favorables à la paix ont le même droit de s'exprimer que ceux qui ne sont pas d'accord et souligner que les lois contraires violent le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que l'Irak a signé. 

Les États-Unis par exemple devraient alors désigner toutes les personnes qui ont écrit, promu ou cherché à appliquer la loi anti-normalisation comme inéligibles aux visas américains et utiliser les sanctions de la loi Magnitsky pour les couper du système financier américain. Ce précédent découragerait sérieusement les législateurs, les procureurs et les juges de promouvoir ou d'appliquer de telles lois.

Lorsque M. Biden se rendra dans la région à la fin du mois de Juin, il devrait également déclarer que, parce qu'un avenir meilleur au Moyen-Orient et en Afrique du Nord repose sur un partenariat entre les Arabes, les Israéliens et les personnes de toutes confessions et ethnies, les civils courageux qui recherchent des contacts transfrontaliers méritent solidarité et soutien. 

Cela enverrait aux partisans du rejet un signal supplémentaire de dissuasion et définirait la cause du soutien aux pacificateurs civils comme une priorité des États-Unis. 

Bien que tardive, une déclaration énergique à cet effet aiderait à contenir les menaces actuelles à la liberté et à sauvegarder la possibilité de la paix.

Arié Bensemhoun

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