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Face à l’islamisme et au terrorisme, ne pas baisser la garde, la chronique d'Arié Bensemhoun

France.

Face à l’islamisme et au terrorisme, ne pas baisser la garde, la chronique d'Arié Bensemhoun
(Crédit : DR)

Dimanche 27 mars, ELNET organisait la cinquième édition du sommet européen sur la radicalisation islamiste et la menace terroriste réunissant 40 experts et personnalités politiques pour discuter des nombreux enjeux qui se profilent à quinze jours de l’élection présidentielle. Comme pour illustrer la prégnance de cette menace, nous avons appris dans la soirée l’assassinat de deux agents de la police israélienne des frontières, Yezen Falah et Shirel Abukarat, tous deux âgés de 19 ans.

Cet attentat survient quelques jours après une autre attaque terroriste qui a fait quatre victimes dans la ville méridionale de Beer Sheva, également commise par un Arabe israélien ayant auparavant tenté de rejoindre le groupe Etai Islamique, faisant craindre de nouvelles attaques revendiquée par le groupe djihadiste.

Les responsables sécuritaires avaient dernièrement mis en garde contre une flambée de violence avant et pendant le mois du Ramadan, qui commence samedi.

Les quatre premiers volets du Sommet Européen,  s’étaient tenus les 11 janvier, 22 mars, 23 juin et 6 décembre 2021 et avaient permis d’aborder différentes thématiques comme le séparatisme islamiste, la laïcité à la française, la lutte contre le terrorisme à l’échelle européenne dans le contexte du retrait américain d’Afghanistan et du jihadisme 2.0 qui s’appuie sur les réseaux pour diffuser l’idéologie islamiste à l’échelle mondiale.

Pour nourrir la réflexion de la 5éme édition de notre sommet européen, nous avons commandé une étude d’opinion à l’IFOP intitulé : « Le rapport des Français à l’islam, à la laïcité et à la menace terroriste ». Ces thématiques sont en effet au cœur des discours de certains candidats à l’élection présidentielle comme Éric Zemmour et Marine Le Pen, mais également sources de nombreux clivages au sein de la société plus largement, en raison des stigmates laissés depuis les attentats commis par Mohammed Merah il y a maintenant dix ans, en mars 2012 à Toulouse et Montauban, puis ceux de 2015 à Paris, et plus récemment les assassinats du Père Hamel et de Samuel Paty qui ont aussi marqué les esprits.

Parmi les révélations de l’enquête, l’islamisme est perçu comme un danger pour la République par plus des trois-quarts des Français, un niveau qui croît avec l’âge (53% chez les 18-25 ans et 90% chez les 65 ans et plus). Pour autant, ce danger que représente l’islamisme pour la République est perçu comme sous-estimé par les différents acteurs, majoritairement par le personnel politique (52%), le Gouvernement (51%), mais également par les médias (45%) et dans une moindre mesure par les services de police et de renseignement (41%).

D’un point de vue politique, cette thématique se place au cœur des préoccupations électorales. En effet, plus de la moitié des Français (53%) considèrent que les candidats à l’élection et les médias n’abordent pas suffisamment les questions liées à la lutte contre l’islamisme.

Le terrorisme islamiste est un défi majeur pour notre communauté nationale que nous ne pourrons relever qu’en tirant le meilleur de cette épreuve collective et en mobilisant les énergies pour défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que nous avons en partage.

Restons vigilants face aux nouvelles formes d’obscurantisme, de manifestations extrémistes et de terrorisme comme le terrorisme géopolitique, par exemple, dont l’invasion russe de l’Ukraine est l’illustration.

Il nous a fallu 20 ans pour sortir du déni et passer à l’action contre la menace islamiste. Gageons qu’il nous faudra moins de temps pour nous rendre compte que la montée de l’extrême droite est une menace tout aussi sérieuse et qu’elle ne saurait en aucun cas être une réponse à l’islamisme.

Nous voilà pris en tenaille entre les islamistes, d’une part, qui veulent nous faire céder par la violence et la terreur pour détruire nos sociétés, nos libertés et nos façons de vivre  et les nouveaux fascistes de l’autre qui ont le même agenda mais qui pensent nous soumettre par la conquête politique du pouvoir, au prétexte de nous sauver des islamistes.

Ils n’ont jamais été aussi près d’y parvenir.

On ne dira jamais assez, qu’on ne lutte pas contre la peste avec le choléra. Tachons de nous en souvenir.

Arié Bensemhoun

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