La Radio Juive

Agneau de Pessah, Mont du Temple et Ramadan

(Crédit : DR)

A première vue, ça a tout l’air d’un projet farfelu et inoffensif. Sauf que c’est exactement le genre de prétexte que guettent les organisations palestiniennes. Le groupe juif intitulé « Hozrim laHar », (on revient sur le Mont [du Temple]), annonce qu’il va tenter demain, comme chaque veille de Pessah depuis dix ans, de restaurer le rite du sacrifice de l’agneau pascal sur le site du Temple de Jérusalem. Chaque année, ces activistes sont repoussés par la police avant d’avoir pu pénétrer sur l’esplanade et font demi-tour avec leur animal sur les épaules. Sauf que cette fois, on le sait, la veille de Pessah coïncide avec le 3e vendredi du Ramadan. Cette année, le commandant de la défense civile de Tsahal, le Pikud Haoref, a émis une injonction d’éloignement contre les membres de l’organisation, alléguant des risques sanitaires. Ce qui ne semble pas décourager ces militants pour la reconstruction du Temple, qui proposent même sur les réseaux sociaux de verser une prime à ceux qui tenteront de braver les interdictions : 400 shékels en cas d’arrestation, 800 shékels en cas d’arrestation en possession d’un agneau, et le gros lot : 10.000 shékels pour qui parviendra à sacrifier l’animal sur le Mont du Temple.

L’affaire pourrait prêter à sourire si la situation sécuritaire n’était pas si tendue. Mercredi, le Hamas, après une réunion d’urgence avec l’ensemble des factions armées palestiniennes de Gaza, dont évidemment le Jihad islamique, leur a donné ordre de se tenir prêt à réagir à toute action israélienne et à défendre la mosquée Al Aqsa, selon les termes du communiqué, alors qu’ils font déjà monter la pression depuis plusieurs jours autour de ce non-événement. Autrement dit, les groupes terroristes tiennent leur prétexte, exactement comme ils l’avaient fait l’an dernier, en utilisant les célébrations de l’anniversaire de la réunification de Jérusalem, en exigeant leur annulation. Ce qu’Israël n’avait évidemment pas fait et qui a permis au Hamas de tirer ses premières roquettes sur la capitale. L’objet de l’ultimatum est secondaire, l’important est qu’il y en ait un. Et s’il peut porter sur Jérusalem, et de surcroit sur le Mont du Temple, c’est encore mieux. Déjà, il y a quelques jours, c’est le chef de l’Autorité Palestinienne qui avait mis en garde contre les risques d’escalade si des Juifs tentaient de reproduire des rites de Pessah sur l’esplanade du Mont du Temple. Le roi Abdallah de Jordanie s’est lui aussi inquiété d’une atteinte au statu quo sur le site religieux.

Naftali Bennett, par l’intermédiaire de son porte-parole en langue arabe, a démenti avoir jamais autorisé la moindre initiative susceptible de modifier le statu quo et encore moins des sacrifices. « Ce sont des accusations totalement infondées et propagées par les organisations terroristes palestiniennes pour attiser les tensions » a fait savoir le chef du gouvernement israélien. Le statu quo sur les lieux saints sera préservé et toute atteinte à l’ordre public sera sanctionnée à Jérusalem, comme ailleurs, a ajouté le porte-parole de Naftali Bennett. Et les forces de police dans la capitale israélienne n’ont plus qu’à rajouter une mission de plus sur leur feuille de route déjà bien chargée.

Pascale Zonszain

LE 14-04-22 - 09:03