La Radio Juive

Mise au point à propos de la vaccination Covid et des rappels, la chronique du docteur Serge Rafal

(Crédit : DR)

Cela me semble en effet nécessaire car les recommandations successives peuvent sembler contradictoires et jeter le trouble. Elles ne sont pourtant jamais proposées à la légère, sans être étayées par des arguments solides puisque l’ensemble de la communauté scientifique mondiale travaille sur le Covid. Rappelons que nous disposons avec les ARN d’un « médicament-vaccin » qui réduit très efficacement le risque de développer une forme grave de la maladie mais se montre en revanche beaucoup moins efficace contre l’infection proprement-dite. De nombreux patients, pourtant correctement vaccinés, sont actuellement victimes du sous-variant BA2 de l’Omicron, 30% plus contagieux que le BA1, qui circulait jusqu’ici. Et même s’il n’est pas plus dangereux, sa grande contagiosité pourrait envoyer des patients fragiles à l’hôpital, raison pour laquelle a été proposée une 4ème dose ciblée.

La HAS a dans un 1er temps recommandé et non imposé un second rappel, 3 mois après le 1er, aux plus de 80 ans, aux résidents des Ehpads et des USLD (Unités de soins de longue durée), aux porteurs d’une comorbidité (hypertension artérielle, IC, diabète, maladie respiratoire ou rénale chronique, cancer, obésité, immunodépression). Ce 2ème rappel a été étendu le 18 mars, toujours sur la base du volontariat, aux plus de 65 ans, 4 mois après le 1er pour les vaccinés les plus anciens.

Il y a quelques jours, les Israéliens ont publié dans une grande revue américaine, le NEJM, une étude qui a porté sur 1000 travailleurs de la santé. Ils ont proposé une 4ème dose à un quart d’entre eux et constaté qu’elle était sûre et efficace, restaurant une protection efficace contre les formes graves mais plus modeste contre l’infection. Il a donc été décidé qu’un rappel généralisé pour les plus jeunes et les individus en bonne santé n’était pas justifié même si une étude canadienne, qui a porté elle sur 9000 personnes, concluait à un petit gain sur l’infection.

La vaccination des enfants constitue la pierre d’achoppement pour les scientifiques et les parents. Elle ne fonctionne d’ailleurs pas bien auprès du public. Le Dr Gérald Kierzek, que j’avais pour invité la semaine dernière dans Refoua (à réécouter sur nos podcasts), expliquait qu’il était inutile de vacciner toute la population, dont les enfants, non concernés par le risque quasi nul de cette infection, et qu’ils étaient « plus la solution à l’éradication virale que le moteur de l’épidémie ». Les discussions et les polémiques sont loin d’être terminées d’autant qu’une étude américaine très récente conclut à une efficacité très moyenne du vaccin Pfizer chez les 5-11 ans.

Vous vous souvenez probablement des dernières paroles prononcées dans l’inoubliable « Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder par le richissime Osgood, qui emporte sur son yacht Daphné alias Jack Lemmon qui tente de lui expliquer qu’il n’est pas celle qu’il croit et qui lui glisse dans l’oreille « Nobody is perfect ». Il en est de même du vaccin qui, certes n’est pas parfait, mais a quand même permis, en prévenant les formes graves chez les personnes âgées et à risques, d’éviter un drame encore plus important. Nous pouvons certes déplorer que cette protection ne soit pas de longue durée mais elle a le mérite d’exister et de se montrer très efficiente. Les personnes à risques n’ont donc aucune raison de la bouder quand bien même il faudrait 2 ou 3 rappels. 

Docteur Serge Rafal

LE 28-03-22 - 09:59