(Crédit : Forces de défense israéliennes)

Le puzzle compliqué de la violence en Judée-Samarie

Il aura fallu à peine un peu plus de deux jours aux forces de sécurité israéliennes pour localiser et arrêter les deux auteurs de la fusillade terroriste qui a fait un mort et deux blessés jeudi soir dans le nord de la Samarie. Une réussite à mettre au compte de l’efficacité des renseignements du Shin Beth, mais aussi de l’important dispositif de caméras de surveillance déployées sur les routes de Judée-Samarie. Une des leçons tirées de l’enlèvement et de l’assassinat des trois adolescents israéliens par le Hamas en juin 2014.

Mais pour les responsables de la défense israélienne, le principal défi reste la prévention. Et c’est une course de vitesse qui s’engage, alors que les signes d’escalade sur le terrain se font de plus en plus nombreux. Depuis le 17 novembre, on a recensé au moins 9 attaques terroristes, dont 4 pour la seule ville de Jérusalem. Presque toutes les autres ont eu lieu en Judée Samarie et ont visé des civils et des membres des services de sécurité israéliens. La fusillade de Homesh est la première à avoir fait une victime, si l’on excepte l’attentat du 21 novembre en vieille ville de Jérusalem, alors que des commandos armés ont déjà été signalés sur les routes de Judée Samarie. Ces terroristes, contrairement à ceux qui agissent de façon spontanée et isolée, sont organisés, reçoivent des fonds pour acheter leurs armes et un entrainement minimal pour les utiliser ou fabriquer des charges explosives. Plusieurs cellules ont été démantelées par Tsahal et des dizaines de terroristes arrêtés depuis le mois de septembre, mais il est clair que d’autres ont réussi jusqu’à maintenant à passer entre les mailles du filet. Il y a donc plusieurs profils terroristes susceptibles de passer à l’acte. Les individus isolés, motivés par la propagande d’incitation à la violence sur les réseaux sociaux ou par des problèmes personnels, et qui vont lancer une attaque à l’arme blanche ou à la voiture bélier. Les cellules organisées, comme celle qui a opéré jeudi soir à Homesh, et qui répondent aux ordres d’organisations terroristes. Cette fois, c’était le Jihad islamique, pourtant moins représenté en Judée-Samarie que le Hamas.

Ce à quoi il faut ajouter d’autres facteurs d’escalade. D’abord, l’émulation. Un attentat mené à son terme, incitera d’autres terroristes à passer à l’acte. Ensuite, les accrochages  de Palestiniens avec Tsahal. Ces incidents se multiplient aux points de friction, c’est-à-dire près des barrages et dans les zones sous contrôle sécuritaire israélien. Toute émeute qui se solde par des blessés ou des morts peut amorcer de nouvelles violences. Il faut encore ajouter les  problèmes à l’intérieur de l’Autorité Palestinienne. Le Hamas et d’autres organisations palestiniennes défient ouvertement le régime de Mahmoud Abbas et certains militants du Fatah se rallient même au groupe islamiste. Enfin, il ne faut pas négliger la radicalisation de certains extrémistes juifs. Si ce phénomène reste marginal, il n’en est pas moins réel. Plusieurs incidents contre des Palestiniens ont été signalés au cours du weekend, en réaction à l’attentat de Homesh. C’est un élément nouveau, qui n’existait pas dans les épisodes de tension précédents et qui peut conduire à un incident grave. Un défi de plus en plus complexe pour les forces de défense israéliennes. 

Pascale Zonszain