(Crédit: police israélienne)

A la recherche de Ron Arad

Cela fera trente-cinq ans dans quelques jours, que Ron Arad a disparu. Le  16 octobre 1986, le navigateur israélien est en opération au-dessus du sud-Liban quand l’appareil où il se trouve s’écrase suite à l’explosion accidentelle de munitions. Le reste de l’équipage parvient à être récupéré par Tsahal, mais Ron Arad tombe aux mains de la milice chiite Amal. Durant sa première année de captivité, ses ravisseurs fournissent quelques preuves que le navigateur est vivant. Mais après 1987, plus rien de direct. Israël tente de l’échanger, sans succès. En 1988, Ron Arad est transféré vers un autre lieu de captivité, peut-être en Iran. Plusieurs hauts responsables de la milice Amal et du Hezbollah sont capturés dans les années qui suivent par les forces israéliennes, pour tenter d’obtenir des informations ou pour servir de monnaie d’échange, mais là encore, sans succès. Et depuis, toutes les hypothèses ont circulé : que Ron Arad ait été transféré à plusieurs reprises à l’intérieur de l’Iran, voire ramené au Liban, qu’il ait été encore en vie au milieu des années 90. Il est aussi possible qu’il ait péri en 1988 en tentant de s’évader, alors qu’il était encore au Liban.

Durant ces 35 années, les dirigeants israéliens n’ont jamais renoncé à retrouver sa trace. Et le nom et le visage de Ron Arad n’ont jamais disparu de l’espace public. Il n’est donc pas étonnant que Naftali Bennett ait pu annoncer lundi à la tribune de la Knesset, qu’une nouvelle opération avait été tentée pour localiser l’officier israélien. Plusieurs médias arabes évoquaient hier deux événements : l’enlèvement par le Mossad d’un officier iranien à la retraite en Syrie, d’où il aurait été emmené par le commando israélien vers un pays d’Afrique pour y subir un interrogatoire, avant d’être relâché. Et une autre opération : un prélèvement pour analyse ADN sur un corps dans une localité de la Bekaa libanaise. Le tout en lien avec les efforts en vue de retrouver la trace de Ron Arad. Des informations à prendre évidemment avec précaution.

En tout cas, depuis la guerre d’Indépendance, Israël a toujours veillé à ramener ses captifs et ses disparus. Du simple soldat tombé en 1948 à l’espion Eli Cohen, exécuté par les Syriens en 1965, tous les combattants israéliens ont droit au même engagement, sans que le temps passé change quoi que ce soit. Il y a deux ans, les cendres du sergent Zacharia Baumel, tombé à la bataille de Sultan Yaakub contre l’armée syrienne en juin 82, lors de la 1ère guerre du Liban ont pu ainsi être ramenées en Israël, grâce à une intervention de la Russie. Et les autorités israéliennes ne renoncent pas à retrouver les dépouilles des deux derniers manquants, Zvi Feldman et Yehuda Katz, probablement enterrés eux-aussi en Syrie près du camp palestinien de Yarmouk, où la dépouille de Baumel avait pu être formellement identifiée.

Pour accomplir ces missions, tous les moyens sont déployés, qu’il s’agisse d’opérations de renseignement, de recherche sur le terrain quand la chose est possible ou de contacts diplomatiques. Dans le cas de Ron Arad, le contexte est particulièrement difficile puisqu’il n’y a aucune information fiable sur ses conditions de détention ou la certitude de son décès après 1988. Mais on l’a vu, les dirigeants israéliens successifs se transmettent la mission, jusqu’à son accomplissement.

Pascale Zonszain