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Jean-Marie Le Pen jugé aujourd’hui pour ses propos sur « Patrick Bruel » et la « fournée »

Le fondateur du Front National est poursuivi devant la 17ème chambre du Tribunal Correctionnel de Paris pour incitation à la haine antisémite. Lui et son co-accusé risquent jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende.

Ses déclarations remontent à 2014, à l’époque, chaque semaine, son journal de bord en vidéo était publié sur ce qui était encore le site du FN. Son interlocutrice évoque plusieurs personnalités engagées comme Madonna ou Yannick Noah, mais quand elle cite Patrick Bruel, Jean-Marie Le Pen réagit : « On fera une fournée la prochaine fois. »

Le Pen père dément toute dimension antisémite dans ses propos, mais la juge d’instruction estime qu’il ne pouvait pas ignorer leur renvoie au fours crématoires nazis. D’autant plus que Jean-Marie Le Pen n’en n’est pas à son coup d’essai en la matière avec le fameux « Durafour Crématoire », et la Shoah qu’il a qualifié de « Point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale ».

Jean-François Jalkh, directeur de la publication du site du FN en 2014 est lui aussi poursuivi. Pour se défendre, il a affirmé qu’il ne pouvait pas vérifier toutes les vidéos mises en ligne. Ce cadre historique du Front National a été nommée à la tête du RN quand Marine Le Pen a quitté ce poste le temps de la campagne pour la dernière présidentielle.

Selon Me Marc Bensimon, l’avocat du Bureau National de Vigilance contre l’antisémitisme qui était ce mercredi matin l’invité d’Ilana Ferhadian sur Radio J, la lenteur de la procédure est due au fait qu’en 2014 Jean-Marie Le Pen et Jean-François Jalkh étaient députés européens. Il a donc fallu obtenir la levée de leur immunité parlementaire. Outre le BNVCA, La Licra et SOS-Racisme se sont aussi portées parties civiles.