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Le Hamas teste ses nouvelles tactiques face à Israël

Après trois semaines sans incident, plusieurs feux provoqués par des ballons incendiaires du Hamas ont détruit des hectares de végétation dans les localités frontalières de la Bande de Gaza au cours du weekend. Tsahal avait riposté en frappant des objectifs du Hamas dans le territoire côtier. Action du Hamas et réaction de Tsahal, c’est un schéma auquel on est malheureusement habitué. Sauf que l’élément nouveau, c’est que la réponse israélienne ne suit pas un tir de roquette, mais bien celui d’un ballon incendiaire. C’est le changement majeur intervenu depuis l’opération Gardien des Murailles conduite par Tsahal en mai dernier.

Roquette ou ballon, le prix sera le même avaient averti les responsables de la défense israélienne, qui semblent donc s’installer dans cette nouvelle équation. Du côté du Hamas, on en est encore  à tester les limites de Tsahal. Car s’il n’y a plus eu de tir de roquette depuis le cessez-le-feu du 21 mai, l’organisation islamiste palestinienne essaie en revanche d’autres méthodes. D’abord en réactivant leur harcèlement nocturne sur la barrière de sécurité, par des tirs, des manifestations et tout ce qui peut à la fois perturber la routine de Tsahal et le sommeil des habitants frontaliers. Mais surtout, l’arme des ballons incendiaires est vue par le Hamas comme une étape intermédiaire sur l’échelle de la violence et qui est censée faire office de tir de semonce, pour avertir Israël que la tension va continuer à monter. Sauf que Tsahal a donc décidé que ce serait considéré comme une violation de la trêve et à ce titre traité de la même manière.

L’autre recours, plus délicat dans l’arsenal du Hamas, semble être les roquettes tirées depuis le sud-Liban. On l’avait vu pendant l’opération Gardien des Murailles quand une organisation palestinienne avait lancé quatre roquettes sur le nord d’Israël, pendant que le Hamas tirait des salves depuis la Bande de Gaza. L’attaque n’avait pas été revendiquée et le Hezbollah, qui contrôle toute la région sud du Liban, s’était contenté d’organiser des manifestations de soutien au mouvement palestinien sur la frontière avec Israël. Même s’il est clair que rien ne peut se passer dans ce secteur sans l’aval ou au moins l’accord tacite de la milice chiite pro-iranienne, l’épisode avait alerté les responsables de la défense israélienne. Et la semaine dernière, de nouveau, deux roquettes étaient tirées depuis la région de Tyr sur les localités de Haute Galilée. Cette fois, plus de doute possible, c’est bien le Hamas qui est à la manœuvre et qui essaie d’élargir son champ d’action en ouvrant d’autres fronts, comme il l’avait fait d’ailleurs au mois de mai, en encourageant les Arabes israéliens et les Arabes de Jérusalem à se soulever.

Cette nouvelle stratégie de l’organisation islamiste de Gaza appelle donc une remise en question du dispositif de réponse côté israélien. Sans risquer d’entrainer le Hezbollah dans une trajectoire de confrontation, il va pourtant falloir faire comprendre au Hamas qu’il ne peut pas impunément faire entrer de nouveaux acteurs. Ce qui pourrait amener Tsahal, si ce type d’incident devait se reproduire, à riposter non seulement directement contre les sources des attaques, mais aussi vers leur tête stratégique, à savoir le Hamas dans la Bande de Gaza. La mise en place de la nouvelle dissuasion après l’opération Gardien des Murailles n’est pas encore achevée.

Pascale Zonszain