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Jean-Daniel Flaysakier sur Radio J: « Rendre la vaccination obligatoire ne serait pas une bonne idée »

Jean-Daniel Flaysakier, médecin et journaliste et spécialiste de la santé pendant 37 ans sur France 2, était l’invité de Eva Soto ce mardi matin sur Radio J, à 8h50. Il est revenu sur l’allocution d’Emmanuel Macron de lundi soir et sur les mesures sanitaires mises en place face à la nouvelle vague de coronavirus.

Ce lundi soir, après l’allocution d’ Emmanuel Macron, 926 000 rendez-vous ont été pris sur Doctolib. L’assaut sur le site pour se faire vacciner a commencé alors que le président n’avait même pas achevé son discours. Pour Jean-Daniel Flaysakier, « c’est un soulagement d’une certaine façon. Mais, le problème c’est qu’il va falloir assurer. Je crois que ça ne va pas être simple parce que beaucoup de centres avaient prévu de fermer en août, beaucoup de bénévoles, médecins et infirmières ont pris des congés, le doses prévues de vaccin étaient divisées par trois ou par quatre à l’horizon août 2021. […] Il va falloir assurer. Je me demande ce qu’il va se passer dans les semaines qui viennent. J’espère que la logistique va survivre et que l’on va pouvoir vacciner toutes ces personnes qui brutalement ont compris que c’était important de se faire vacciner ».

Le médecin et journaliste travaille dans un centre de vaccination. Dans ce centre, les dernières semaines ont été l’objet d’une désinfection incroyable avec des personnes qui ne venaient pas alors qu’elles avaient des rendez-vous. « On avait entre 50 et 60 personnes qui oubliaient de venir chaque jour. Là où on pouvait faire 800 rendez-vous, on en a fait 395. »

Si nombreuses sont les personnes à affluer dans les centres, « il va falloir que tout le monde s’organise. Comme il y a un certain nombre de centres qui devaient fermer, je ne sais pas comment tout va se passer. Ce qui est quand même dramatique c’est qu’il faille qu’on dise aux gens qu’ils ne pourront plus aller au restaurant pour qu’ils décident de se faire vacciner. Il y aura aussi le problème de savoir comment on va faire pour vacciner les soignants. »

Il faut également savoir qu’une majorité de médecins et d’infirmières est vaccinée. Mais, pour ce qui est du personnel soignant, ce que nous appelons les ASH, le personnel hospitalier, le service hospitalier, les aides de vie à domicile, « le chiffre est catastrophique, très bas. Il est aux alentours de 20 % ». Jean-Michel Flaysakier ne comprend pas non plus qu’aussi peu de soignants soient vaccinés dans les EHPAD alors que cela fait six mois que nous vaccinons. Il dénonce également les vagues de fake news, d’antisémitisme et de complotisme. « Tout est fait pour désinformer et on ne fait pas le nécessaire pour que ces gens-là soient vaccinés. Je pense qu’il était temps de siffler la fin de la récré. J’approuve à 2 000% la décision présidentielle. On ne peut plus continuer à accepter que des personnels contaminent les gens dont ils ont le soin. » À la question de savoir si Emmanuel Macron est allé assez loin lundi soir en imposant la vaccination aux soignants mais pas aux autres non-vaccinés, Jean-Michel Flaysakier répond : « Tout ce qui est personnel soignant et proches des patients, ça fera déjà du monde. Je pense qu’on arrivera à vacciner tout un tas de gens. Il va falloir aussi être un peu malins et aller vers beaucoup de gens qui ne peuvent pas. Il va falloir développer des unités mobiles. […] Rendre la vaccination complètement obligatoire, ce ne serait probablement pas une bonne idée à l’échelon d’une population. Ça risque de poser problème et de voir générer de faux certificats. »

Cécile Breton