(Crédit: capture d'écran Dailymotion)

Elvire Fabry: « Joe Biden veiut s’afficher main dans la main avec les Européens »

Elvire Fabry, chercheuse à l’institut Jacques Delors et spécialiste des négociations commerciales et des relations Europe-Etats-Unis, était l’invitée de Olivier Issembert ce vendredi matin sur Radio J, à 8h50. Elle est revenue sur les enjeux du G7 et la tournée européenne de Joe Biden. 

C’est le premier voyage en Europe de Joe Biden. Depuis mercredi et jusqu’à la semaine prochaine, le président américain a un emploi du temps particulièrement chargé. Emploi du temps qui débute surtout aujourd’hui avec l’ouverture du G7 au Royaume-Uni. Selon Elvire Fabry, son déplacement est « plus qu’un symbole. C’est-à-dire que là, il y a en toute évidence une volonté du président américain de s’afficher main dans la main avec les Européens pour accomplir cet objectif qu’il a de créer un front de démocratie vis-à-vis de la Chine. Il y a beaucoup de dossiers qui vont être traités, non seulement à cette réunion du G7 et, derrière, on a les rencontres de l’OTAN, avec l’Union européenne, beaucoup de contentieux aussi qu’il va falloir régler. Mais, c’est d’abord un affichage des puissances de l’Ouest qu’il est important de consolider et qui doit permettre une approche plus multilatérale des enjeux actuels ».

L’Europe semble donc redevenir progressivement un allié et non plus seulement un partenaire commercial comme le souhaitait Donald Trump. « Lors de l’élection de Joe Biden, ça a été véritablement un soulagement pour les Européens. En effet, il se disaient que ça va marquer un tournant avec la politique unilatérale et agressive de Donald Trump. Joe Biden a clairement démontré sa volonté de travailler avec des partenaires. Maintenant, on sait que le réengagement des États-Unis, notamment à l’Organisation mondiale du commerce qui est actuellement bloquée dans son système de fonctionnement des différends, est un véritable sujet. L’OMC a besoin d’être réformée. C’est un enjeu majeur de coopération internationale et notamment pour renforcer les disciplines qui permettraient de contrer le capitalisme. »

Par ailleurs, vis-à-vis de la Chine, les Européens attendent davantage de précision de la part des Américains. « Les Européens sont prêts à coopérer avec les États-Unis, mais veulent garder une certaine autonomie. Il ne s’agit pas de s’aligner sur les positions de Washington. Il s’agit de travailler ensemble face à la Chine. C’est tout l’enjeu du nouveau concept d’autonomie stratégique de l’Union européenne qu’ils veulent défendre. »

Finalement, « les Européens ont d’abord demandé à ce qu’il y ait un certain nombre de dossiers qui soient réglés. […] Il y a un certain nombre d’enjeux sur lesquels on voit bien que les frottements vont être importants : sur la protection des données personnelles, sur le projet européen des mesures de contrôles aux frontières du carbone. Ce sont autant de sujets sur lesquels Washington et Bruxelles vont devoir discuter ».

Cécile Breton