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Donner vie au béton, la chronique de Jean-François Strouf

Dans sa chronique à 7h20 ce jeudi matin, Jean-François Strouf, directeur Adjoint de l’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe (ECUJE) et président de JudaïQual – Réparons Le Monde est revenu dans le Morning sur Radio J, sur l’écologie et les innovations d’une startup israélienne pour redonner vie au béton.

Ce qui change la donne c’est cet extraordinaire défi lancé par Bertrand Piccard des 1 000 innovations rentables et profitables pour l’environnement. Désormais quand je rencontre un projet, je vais vérifier sur la Fondation Solar Impulse si ce projet est labellisé par Solar Impulse. Ce projet a été traduit en français par notre ami Norbert Lipszyk.

Bingo labellisé ! Et pas qu’une fois. Ce projet de la société Econcrete possède 3 labels SDG (Sustainable Development Goals). SDG 9 Industrie, innovations et infrastructure, SDG 11 Villes et communautés durables (« soutenables ») et SDG 12 Consommation et production responsable.

Cette  startup environnementale israélienne a mis au point une technologie pour résoudre un des problèmes les moins attrayants du monde, donner vie au béton. C’est une structure en ciment spéciale qui permet à la faune marine de se développer sur les infrastructures côtières. Nos adjuvants pour béton sont comme le sel et le poivre dans une recette de cuisine” affirme le PDG d’ECOncrete, Ido Sella. « C’est une modification de la composition chimique du béton qui le rend plus adapté à l’accueil et au développement de la biodiversité marine. »

Près de la moitié de la population humaine vit près des côtes avec ses ports, ses ponts et ses murs qui s’enfoncent dans la mer, quasiment tous construits en béton qui détruit la vie marine. La technologie mise au point par ECOncrete, startup basée à Tel-Aviv, lancée en 2012, transforme le béton en une matière respectueuse de la vie des plantes et des animaux. Les constructions percées de multiples petits trous où des petits poisons peuvent vivre, accueillent des algues permettant aux coraux, aux coquillages et à la faune marine de s’y développer. C’est comme si les structures en béton se comprtaient comme de la mangrove, un lieu  d’accueil des petits poissons et de leurs alevins les gardant à l’abri des prédateurs.

Le Port de San Diego, qui a lancé un projet pilote d’installation de blocs de construction emboîtables entre eux, appelés « CoastaLock » et de structures armées de mares d’expansion côtières sur la côte de l’île Harbor Island. Cette zone sera la première au monde à être sécurisée avec 72 blocs emboitables favorisant le développement du biotope marin formant une protection additionnelle contre la montée des eaux, créant des écosystèmes naturels imitant les mares naturelles. Ils retiennent l’eau et permettent aux habitats naturels de se développer, encourageant les diverses espèces marines à les coloniser.

Selon l’un des dirigeants du port, nous devons tous faire face à une crise climatique globale dont la montée des mers et les « super-tempêtes ». Le port se doit se protéger sa côte afin de conserver sa résilience et sa stabilité. Nous devons pour cela adopter un « plan d’action climat ». Les technologies d’ECOncrete nous apportent divers avantages écologiques comme la création d’une « peau bio » autour des mares d’expansion, qui agisse comme une croute qui réduit l’érosion, crée des puits de carbone et diminue les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Jean-François Strouf