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Clément Beaune: « C’est important de savoir pourquoi on fait l’Europe »

Moment de recueillement pour Clément Beaune dimanche 2 mai au mémorial de la Shoah à l’invitation de son directeur, Jacques Fredj et de son vice-président, François Heilbronn. Le ministre des Affaires européennes avait décider d’aller sur les traces de son arrière grand-père, Israel Naroditzky, un juif d’origine ukrainienne qui avait choisi la France pour fuir les pogromes. Arrêté par la police de Vichy en février 1944 à Marseille, il fut déporté par le convoi 67 et gazé à Auschwitz, victime de la Shoah. Clément Beaune s’est confié avec émotion au micro de Frédéric Haziza.

Clément Beaune s’y est rendu, car « nous sommes une semaine après la journée nationale du souvenir de la déportation et exactement une semaine avant le 9 mai, qui est la journée de l’Europe ». Il explique l’importance de la mémoire. Selon lui, il faut en avoir conscience pour être digne de l’héritage européen. De cette mémoire, il veut en faire un « objet de mémoire vivante » et « un combat pour ce que sont nos valeurs républicaines et européennes. »

Devant le mur des déportés juifs d’Europe, il  a pu toucher le nom de son arrière-grand-père, déporté en 1944 : « Ça me semblait important de venir pour voir la mémoire familiale. C’est l’histoire de ma famille, mais aussi une histoire française, pour le meilleur et pour le pire. » Son arrière-grand-père a fui les pogroms et est venu se reconstruire à Marseille. Comme d’autres Juifs de l’empire russe, il a connu le drame de l’Occupation, de la dénonciation et de la déportation. « Ma famille a longtemps masqué, sans doute par pudeur, cette douleur comme beaucoup de familles françaises ». Enfin, “dans ma famille, il n’y a jamais eu aucune  haine et rancœur de la France, car on connaît aussi les gestes de générosité ».

Lucie Claudon