(Crédit: DR)

Jean-François Strouf: « On veut avancer mais on ne s’en donne pas les moyens »

Le spécialiste de l’environnement, Jean-François Strouf, était ce mercredi matin sur Radio J, au micro d’Ilana Ferhadian à 9h07, dans l’émission Les Pieds sur Terre. Il parle du bilan sur la trajectoire énergétique de la France.

Il revient sur les engagements qui ont plus ou moins bien marché en matière de transition écologique. Jean-François Strouf explique qu’il y a encore certains acronymes, tels que PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie), que les concitoyens ne connaissent pas. C’est essentiel à savoir, car ce dernier sert à mesurer la trajectoire énergétique, ainsi que les énergies renouvelables en France. La PPE est pensée sur dix ans. 

Jean-François Strouf commence l’émission par de bonnes nouvelles : « La part du charbon, et la France est en pointe dans ce domaine, a pratiquement disparu ».  

Une distribution massive d’ampoules basse consommation a eu lieu et les concitoyens les ont payées en fonction de leurs revenus. Des aides de l’Etat ont également été apportées pour mieux isoler les foyers des Français et Françaises : « Tout ça marche très bien ». 

Néanmoins tout n’est pas tout rose. Les énergies génératrices de CO2 ont un fort impact sur la PPE : « Ce qui est moins glorieux : nous sommes à 10 GigaWatt d’énergie solaire installés, alors qu’en 2028, le solaire devrait atteindre quatre fois plus. On est malheureusement très loin du compte« 

Au sujet de l’énergie éolienne, là aussi, le retard est significatif : « On est à 50% des objectifs visés et en sept ans ça va être très difficile d’y arriver ». La filière qui implante les éoliennes se plaint des retards bureaucratiques qui empêchent les projets d‘aboutir, un « retard bureaucratique quasi endémique en France ». 

Le nucléaire était censé passer de 70 à 50%. « Nous sommes encore loin du compte. La trajectoire n’arrivera pas à 50%, d’ici 2028 ». En soi, il n’est pas générateur de CO2, mais le côté sécuritaire fait peur à une partie de l’opinion française. « On aimerait bien voir les anciennes installations démantelées ». 

En tant que président d’une association environnementale, Jean-François Strouf avait écrit  au Président de la République, mais sans succès : « Les situations peuvent évoluer que si tous les moyens sont mis en œuvre ».

La France compte 28% des biens en copropriété, ce qui représente 9, 7 millions de logements. Le reste est réparti en mono propriétés, logements sociaux et locations à des propriétaires. Le problème est que 9,7 millions de logements ne sont pas éligibles à une aide pour l’installation de panneaux solaires sur les toits. « On veut avancer mais on ne s’en donne pas les moyens ».