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Dialogue stratégique vital entre Israël et les Etats-Unis

Après la visite en Israël au début de semaine du Secrétaire américain à la Défense, les responsables israéliens et américains poursuivent leur dialogue stratégique. Mardi, une conférence par vidéo a réuni le Conseiller américain à la Sécurité Nationale Jake Sullivan et son homologue israélien Meir Ben Shabbat, qui doit d’ailleurs se rendre à Washington à la fin du mois pour continuer les discussions. C’est évidemment le dossier iranien qui est actuellement au cœur de ce dialogue stratégique, alors que le chef du gouvernement israélien ne cache pas son opposition à la volonté américaine de réintégrer l’accord international de 2015, dénoncé trois ans plus tard par le président Trump.

A ce stade, deux points sont importants. D’abord, le niveau de coordination et de communication entre Jérusalem et Washington, pour tout ce qui concerne les actions entreprises par Israël contre l’Iran. Même si aucune des actions récentes attribuées à Israël n’ont fait l’objet d’une confirmation officielle, on ignore jusqu’à quel point et à quelle étape les responsables israéliens informent leurs homologues américains de leurs actions. En ce qui concerne l’attaque la semaine dernière d’un navire des Gardes de la Révolution iraniens en mer Rouge, il semble qu’Israël ait effectivement prévenu les Etats-Unis, dont un bâtiment croisait dans la zone. En ce qui concerne l’opération contre l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, les considérations sont certainement plus complexes. Pourtant, lors de leur première réunion le mois dernier, les Conseillers à la Sécurité américains et israéliens étaient convenus de jouer la transparence et de ne pas se mettre respectivement devant le fait accompli. Voilà pour la dimension bilatérale.

Mais il y a aussi la suite des discussions de Vienne, auxquelles Israël ne participe pas. Ce qui veut dire que la prise en compte de ses intérêts stratégiques dépend des autres puissances, et en particulier des Etats-Unis. D’où l’importance de conserver avec Washington un canal de communication permanent, sachant que l’Iran aura aussi les mains plus libres pour attaquer Israël,  une fois que les Américains auront repris leur place dans l’accord de Vienne. Mais sachant aussi que Washington est déterminé à revenir au sein de l’accord, Jérusalem devra également veiller à ne pas braquer l’administration Biden. La dernière chose à faire serait de déclencher une crise, qui laisserait Israël isolé et incapable d’influer sur la position américaine.

D’autant que parallèlement au dossier nucléaire, Israël a besoin de contrer aussi l’influence régionale de l’Iran. Il faut obtenir qu’il retire ses milices de Syrie et d’Irak et si possible également du Liban. Dans le cas contraire, Israël devra s’assurer qu’il conservera sa liberté d’action, sans opposition de la part des Etats-Unis et même avec son soutien, comme l’avait d’ailleurs indiqué, peu après sa nomination, le Secrétaire d’Etat Anthony Blinken. A cet égard, en tout cas jusqu’à présent, l’administration Biden semble mieux disposée envers Israël que ne l’était celle de Barack Obama.

Pascale Zonszain