(Crédit: capture d'écran Facebook)

Gideon Saar, portrait

Après Naftali Bennett, Gideon Saar. La liste des challengers de Benyamin Netanyahou s’allonge, mais dans son propre camp. Et entre Gideon Saar et le chef du Likoud, la rivalité ne date pas d’hier.

Gideon Saar a commencé son parcours politique à droite dès l’adolescence, en adhérant au mouvement HaTh’ia. Il entame une carrière de journaliste, avant de passer quelques années dans la magistrature. En 1999, il devient le Secrétaire du gouvernement du premier cabinet Netanyahou, qui sera battu quelques mois plus tard par Ehud Barak. En 2001, c’est Ariel Sharon qui le rappelle pour reprendre le poste de Secrétaire du gouvernement. En 2003, il fait son entrée à la Knesset, comme député Likoud, mais claque la porte en 2005, pour protester contre le plan de désengagement de la Bande de Gaza, décidé par le Premier ministre Sharon. L’année suivante, les législatives voient le Likoud plonger à 12 sièges, l’un des pires scores de son histoire. Alors que de nombreux élus conservateurs avaient suivi Ariel Sharon qui avait monté le parti Kadima, Gideon Saar ne quitte pas le navire et arrive même en 5e position. Il devient aussi un député particulièrement actif et une figure politique de plus en plus en vue.

Aux législatives de 2009, c’est en numéro deux, juste derrière le leader du Likoud que Gideon Saar revient sur le devant de la scène quand Netanyahou est chargé de former le nouveau gouvernement et lui confie la conduite des négociations. Gideon Saar fait alors son entrée au gouvernement au portefeuille de l’Education et devient membre du cabinet restreint de sécurité, le premier cercle du pouvoir exécutif. Il sera ensuite ministre de l’Intérieur. Et puis en 2014, Saar fait une pause. Il vient de se remarier avec une journaliste vedette de la télévision publique israélienne et déclare vouloir consacrer quelques années à sa nouvelle famille. Il démissionne du gouvernement et de la Knesset. Une décision qui surprend tout le monde, alors qu’il était donné comme la nouvelle étoile montante de la politique israélienne.

Trois ans plus tard, Gideon Saar annonce qu’il va reprendre du service et qu’il se présentera aux législatives, toujours sous les couleurs du Likoud. Mais entretemps, ses relations avec Benyamin Netanyahou se sont dégradées. Quelques mois avant le scrutin de 2019, le Premier ministre affirme que Gideon Saar se serait mis d’accord avec le président de l’Etat Reuven Rivlin, pour qu’il le désigne lui et non pas Netanyahou, en cas de victoire du Likoud, pour former le nouveau gouvernement. Les deux hommes ont catégoriquement démenti l’accusation. Mais elle avait révélé au grand jour la rupture entre Saar et Netanyahou. Ce qui n’a pas empêché Gideon Saar de retrouver sa place dans le peloton de tête aux primaires du parti conservateur. Sauf que cette fois, plus question pour Benyamin Netanyahou de l’appeler dans son gouvernement.

L’an dernier, Gideon Saar a même été le seul à se porter candidat à la présidence du Likoud face à Benyamin Netanyahou, obtenant seulement 25% des suffrages. Mais il avait brisé le consensus autour du leader incontesté du parti. Ce dernier lui a même proposé le poste d’ambassadeur à l’Onu pour l’éloigner du pays. Mais Gideon Saar n’a pas cédé et mardi, il a donc jeté le gant, en quittant le Likoud et en se présentant comme l’alternative de droite à Benyamin Netanyahou.

Pascale Zonszain