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Israël s'invite dans les négociations sur le nucléaire iranien

Israël.

Israël s'invite dans les négociations sur le nucléaire iranien
(Crédit : Twitter)

Israël met le pied dans la porte. Pour la première fois, une équipe composée du directeur adjoint du ministère des Affaires étrangères Yoshua Zarka, et de deux membres du comité israélien à l'Energie atomique sont depuis hier à Vienne, où les pourparlers sur un renouvellement de l'accord international sur le programme nucléaire iranien semblent entrer dans leur phase décisive. La délégation israélienne a déjà rencontré Raphaël Grossi, le directeur général de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique et l'ambassadeur russe Michail Ulyanov. D'autres entretiens sont prévus avec les représentants de toutes les parties engagées dans la négociation, sauf bien évidemment les délégués iraniens.

Si la diplomatie israélienne est très active sur le dossier iranien et que ses dirigeants mettent systématiquement à l'ordre du jour de tous leurs entretiens diplomatiques la question du nucléaire iranien, jamais encore ils n'étaient intervenus au cœur même des pourparlers des P5+1. Une intervention qui a été, on s'en doute, très mal accueillie par les Iraniens. "La présence inattendue des Sionistes à Vienne vise clairement à retarder les progrès dans la négociation" a affirmé l'agence de presse officielle iranienne, qui dénonce "le rôle destructeur" d'Israël, selon ses termes.

Cette implication inédite d'Israël dans les pourparlers de Vienne confirme en tout cas que Jérusalem est déterminé à ne négliger aucune option diplomatique pour essayer de modifier le cours des négociations internationales, qui pourraient aboutir à un nouvel accord qui donnerait à l'Iran un délai encore plus court vers la capacité nucléaire militaire, six mois au lieu d'un an dans le Protocole de 2015. Sans compter la levée des sanctions économiques internationales qui rendrait les coudées franches au régime de Téhéran pour le financement de ses milices supplétives et des organisations terroristes qu'il soutient dans tout le Moyen Orient.

Israël compte aussi sur ses nouveaux alliés sunnites dans la région pour convaincre les grandes puissances du danger que l'Iran fait peser sur la stabilité régionale. Naftali Bennett qui est actuellement au Bahreïn pour sa première visite officielle dans le royaume du Golfe, a bien évidemment mis la question iranienne au centre de ses entretiens. "Nous combattrons l'Iran et ses partisans dans la région nuit et jour. Nous aiderons nos amis à renforcer la paix, la sécurité et la stabilité, autant qu'ils nous le demanderont" a affirmé le  Premier ministre israélien dans une interview au Al Ayyam, le principal journal bahreïni, rappelant au passage que la coopération militaire avec les Etats sunnites de la région entamée depuis quelques années allait se renforcer face à l'ennemi commun.

Mais si Israël a trouvé un dénominateur commun avec ses alliés du Golfe persique, il lui est beaucoup plus difficile de convaincre ses alliés occidentaux. D'où la décision de ne plus se contenter d'envoyer des émissaires dans chacune des capitales, comme la récente visite du Conseiller israélien à la Sécurité Nationale à Washington, mais d'aller directement au cœur des négociations. Il n'est pas certain que la manœuvre réussisse, mais elle devrait être tentée.

Pascale Zonszain

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