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Israël peut-il prendre le variant Omicron de vitesse ?

Israël.

Israël peut-il prendre le variant Omicron de vitesse ?
(Crédit : DR)

Depuis la fin du mois de novembre et l'apparition du variant Omicron, Israël a choisi de fermer ses frontières et de miser sur la vaccination. C'est que depuis le début de l'épidémie, les autorités israéliennes réagissent de manière un peu différente. On l'a vu justement avec l'engagement extrêmement rapide dans la campagne vaccinale, il y a maintenant tout juste un an, quand les autres pays hésitaient encore sur la marche à suivre. Il faut dire que les infrastructures nécessaires existaient pour une vaccination massive. Le système des caisses d'assurance-maladie, déployées sur tout le territoire, informatisées depuis les années 90 et qui sont aussi les fournisseurs de prestations médicales, a permis d'organiser en très peu de temps la vaccination au niveau national, et aussi de collecter les données qui allaient servir de test clinique en grandeur nature pour les autres pays et pour les laboratoires pharmaceutiques. C'était d'ailleurs l'argument avancé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou qui avait convaincu le patron de Pfizer de privilégier Israël pour l'approvisionnement en vaccins anti-Covid, qui ont tout de même été payés au prix fort.

C'est aussi l'habitude des Israéliens de devoir s'adapter rapidement à des situations  et à des dangers nouveaux, le résultat de leur histoire, qui a permis le succès de la campagne vaccinale. Rester bloqué sur ses certitudes quand l'environnement devient hostile n'a jamais été une option. Même si Israël a aussi ses anti-vax, ils sont bien moins nombreux qu'ailleurs. Evidemment cette réactivité a aussi son revers : la difficulté à s'installer dans des systèmes durables. Pour qu'une politique soit suivie, il faut qu'elle produise des résultats rapides et visibles. Ce qui explique que la campagne de vaccination ait fini par s'essouffler quand l'épidémie a commencé à reculer et qu'il soit si difficile de la relancer aujourd'hui, alors que l'efficacité des vaccins contre le variant Omicron est moins élevée que face aux autres variants, et ce alors même que le variant Delta est toujours présent et dominant en Israël.

De la même manière, la fermeture des frontières est un réflexe de pays assiégé. Empêcher l'importation d'un virus revient à empêcher l'ennemi de franchir les lignes. Sauf que dans le cas présent, l'efficacité de la mesure n'est pas absolument établie et qu'elle a des répercussions économiques qu'il va falloir traiter. Tout le tourisme entrant est de nouveau arrêté, causant des pertes considérables pour tout un secteur économique déjà gravement sinistré et le plan d'aide proposé par le gouvernement a été jugé très insuffisant par les intéressés, surtout en ce qui concerne leur reconversion professionnelle. Quant aux sorties d'Israéliens vers l'extérieur, elles sont devenues pratiquement impossibles, puisqu'environ 80% des destinations leur sont désormais interdites, sauf motif impérieux. Sans parler des consignes d'isolement et de triple test PCR imposées aux voyageurs de retour avec suivi de leur quarantaine, des mesures qu'aucun pays occidental n'a imposées à sa population.

En Israël, la culture de la guerre-éclair reste forte. Frapper un grand coup pour prendre l'ennemi de vitesse. C'est le pari du gouvernement. S'il ne donne pas de résultat rapide, il n'aura pas d'autre choix que de recourir aux restrictions déjà mises en place dans d'autres pays. Et il ne reste plus beaucoup de temps.

Pascale Zonszain

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