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La loi immigration finalement adoptée dans la douleur après dix-huit mois d'un parcours chaotique

France.

La loi immigration finalement adoptée dans la douleur après dix-huit mois d'un parcours chaotique
Assemblée nationale - DR

Soutenu par LR et le RN, le texte voté mardi au Sénat puis à l'Assemblée a suscité une levée de boucliers au sein de l'aile gauche de la majorité. Soulagement mais dans la douleur. Il y a un peu plus de semaine, après son revers à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin n’imaginait pas vraiment une adoption de son texte, huit jours plus tard, dans la même chambre.

Après l’adoption, à la surprise générale, d’une motion de rejet préalable lors de la première lecture au Palais Bourbon, le projet de loi immigration du ministre de l’Intérieur a bien été adopté, ce mardi soir, à la chambre basse à 349 voix pour et 186 contre

«Tout est bien qui finit bien», se félicite-t-on, dans l’entourage de l’hôte de Beauvau. Une adoption acquise grâce aux voix des Républicains, mais aussi, du Rassemblement national, qui avait annoncé, un peu plus tôt, par le biais de Marine Le Pen, sa volonté d’apporter son soutien à cette réforme. «Une victoire idéologique du RN», s’était-elle félicitée. Dans une séance très tendue, Gérald Darmanin s’est félicité de l’accord trouvé, un peu plus tôt dans la journée, entre la droite et les macronistes en commission mixte paritaire. Un consensus survenu après un jour de discussions et au terme d’une semaine d’intenses négociations.

Avec un grand vainqueur : Les Républicains, qui seront parvenus à tordre le bras au gouvernement en réussissant à obtenir de très nombreuses concessions et rendant le projet de loi très similaire à celui voté par la majorité sénatoriale de droite il y a quelques semaines

Restriction du droit du sol, délit de séjour irrégulier, durcissement des conditions de régularisation des sans-papiers dans les métiers en tensions, prestations sociales différenciées, etc. De très nombreuses mesures adoptées au Sénat ont finalement été conservées dans la copie finale validée par la Chambre Haute en fin d’après-midi puis par l’Assemblée, ce soir. «Certes, un texte imparfait, mais un texte qui mérite d’être voté», résume Gérald Darmanin, à la tribune.

Avant de se lancer dans une longue diatribe contre Marine Le Pen. «Est-ce que vous vous rendez compte que vous votez pour le titre étranger malade et contre la suppression de l’aide médicale d’État ? Tout ce que vous avez réussi à faire c’est des petits coups, vous n’êtes manifestement pas prête pour le pouvoir, et c’est tant mieux», attaque-t-il.

Fronde chez les macronistes de gauche

Ces dernières heures, plusieurs députés macronistes, dont le président de la commission des lois, Sacha Houlié, avaient manifesté leur volonté de voter contre le texte issu de l’accord trouvé en CMP. Des défections qui n’auront finalement pas suffi à faire échouer l’adoption du texte.

Et d’estimer, en écho aux propos du président de la République, que «les voix du Rassemblement national» ne seront pas décomptées ce soir. «Il n'y aura pas de texte s'il n'y a pas de majorité sans le Rassemblement national», lance-t-il pour conclure sa prise de parole. Un peu plus tôt, en petit comité, Emmanuel Macron avait en effet évoqué l’idée d’une seconde délibération en cas d’adoption du texte grâce aux 88 députés du Rassemblement national. Ces dernières heures, plusieurs députés macronistes, dont le président de la commission des lois, Sacha Houlié, avaient manifesté leur volonté de voter contre le texte issu de l’accord trouvé en CMP. Des défections qui n’auront finalement pas suffi à faire échouer l’adoption du texte.

L’Insoumise Mathilde Panot parle d’un «point de bascule» en évoquant la validation, par le RN, de ce projet de loi «d’une violence insupportable pour les principes que nous avons en commun». Un «texte de la honte», estime quant à elle la communiste Elsa Faucillon.

La droite et le RN, quant à eux, n’ont pas caché leur satisfaction. «Une victoire idéologique du Rassemblement national», a de nouveau martelé la députée Edwige Diaz, spécialiste du sujet migratoire

«Aujourd’hui, la CMP s’est accordée sur un texte, qui est, pour l’essentiel, celui des Républicains. (...) Ce texte est un véritable tournant. Pour la première fois depuis longtemps, la France se donne les moyens de reprendre le contrôle de sa politique migratoire», clame quelques minutes plus tard, à la tribune, le président des députés LR, Olivier Marleix. «Ce que nous avons proposé va mettre un terme à l'appel d'air migratoire qui faisait de notre pays le modèle social le plus généreux d'Europe», avait jugé, un peu plus tôt, le patron de la droite, Éric Ciotti.

Un peu plus tôt, au Sénat, la majorité sénatoriale avait également largement adoubé ce texte, par 214 voix contre 114. Alors que des rumeurs couraient, un peu plus tôt dans la journée, sur un potentiel retrait du projet de loi par le gouvernement, menacé par une fronde interne, le texte, largement amendé par la droite, est donc désormais adopté dans les deux chambres. Et les parlementaires peuvent partir en vacances quelques jours plus tôt que prévu.

Michel Zerbib

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