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50 ans après la guerre de Kippour : des traces et des leçons

Israël.

50 ans après la guerre de Kippour : des traces et des leçons
Guerre de Kippour - Yigal Tomarkin/GPO

Le 6 octobre 1973, c'était il y a exactement 50 ans aujourd'hui. Mais en Israël, c'est à la date du calendrier juif que l'on commémore la guerre de Kippour. Une épreuve qui marque toujours le pays un demi-siècle plus tard. Et on a donc assisté depuis un mois à des dizaines de commémorations officielles, de conférences d'historiens et d'experts militaires, de documentaires diffusés par les chaines de télévision sur des témoignages de combattants, des images d'époque, des révélations sur les archives des procès-verbaux de réunions du gouvernement et autres documents jusque-là classifiés. Tout ce qui peut aider à mieux comprendre cinquante ans plus tard ce qui s'est passé durant ces dix-neuf jours de combat et qui ont profondément changé le pays.

D'abord que les responsabilités étaient plus complexes que ce que l'on avait cru. Ce n'est pas seulement le gouvernement de Golda Meir qui s'est fourvoyé en ne déclarant pas immédiatement l'état de guerre. Ce n'est pas non plus seulement Tsahal qui a mal évalué les risques et qui a pris les mauvaises décisions. C'est une combinaison de plusieurs facteurs, en partie conséquences de l'euphorie et de l'aveuglement qui avaient suivi la victoire éclair de la Guerre des Six Jours sept ans plus tôt. La communication au sein de l'armée était insuffisante, la préparation au conflit aussi. Les analyses des services de renseignement militaires n'ont pas été assez poussées. Un seul scénario a été envisagé : celui d'une probabilité basse de voir une guerre éclater, parce que la Syrie ne se lancerait pas d'offensive sans l'Egypte et que l'Egypte ne se lancerait pas dans la guerre si elle n'était pas sûre de reprendre l'intégralité du Sinaï. On a vu l'erreur de cette conception, ce qu'avait déjà diagnostiqué quelques mois plus tard la Commission Agranat qui avait enquêté sur les prémices de la guerre d'octobre 73. Mais ce qu'on a compris depuis, c'est surtout qu'Israël ne peut pas se permettre de se reposer sur une seule analyse, ni sur la routine de la chaine de commandement et des relations entre l'échelon militaire et le pouvoir politique. Et qu'à chaque niveau, il faut systématiquement remettre en question toutes les analyses, tous les scénarios, mettre en lumière toutes les failles possibles. Il faut une dynamique permanente, qui ne laisse pas le dernier mot aux ainés parce qu'ils ont l'expérience ou aux dirigeants politiques parce qu'ils sont infaillibles. Beaucoup de la culture israélienne de discussion, de débat, voire de dispute, est un des enseignements de la guerre de Kippour.

Au-delà du trauma de la guerre de Kippour, beaucoup de choses ont bougé. Au niveau individuel comme au niveau collectif. Même si la guerre s'est terminée par une victoire militaire d'Israël, le choc des trois premiers jours de combat, qui ont été les plus meurtriers du conflit, l'angoisse aussi qui a duré plusieurs mois sur le sort des prisonniers, tout cela a laissé des traces. Pour ceux qui ont vécu cette  période, les blessures ou au moins les cicatrices sont toujours là. Mais en même temps, c'est aussi ce qui a permis à la société israélienne d'avancer et de gagner en maturité, notamment politique. Quatre ans après la guerre de Kippour, la droite remportait sa 1ère victoire avec l'élection de Menahem Begin. Si le lien de cause à effet n'est pas direct, il y a quand même une influence. Et c'est aussi après la guerre de Kippour, en 1979, qu'Israël signait un premier traité de paix avec un premier pays arabe : l'Egypte.

Pascale Zonszain

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