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Attentat de Magnanville: l'accusé radicalisé n'a pas vraiment d’alibi

France.

Attentat de Magnanville:  l'accusé radicalisé n'a pas vraiment d’alibi
Policiers français - DR

Jeudi au quatrième jour de ce procès sur le massacre d’un couple de policiers devant leur petit garçon, un enquêteur a détaillé l'exploitation de la téléphonie et notamment de messages audios attribués à l’accusé Mohamed Lamine Aberouz et contestés par la défense. La journée de jeudi a été consacrée à l'exploitation de la téléphonie (communications, bornage des téléphones, réseaux sociaux…) par les enquêteurs. Le témoin, policier de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et spécialiste de ces questions, est revenu notamment sur des audios sur la messagerie Telegram, tardivement découverts et, point important, stockés par Telegram à l'insu de ses utilisateurs. La défense a contesté  l'attribution de certains de ses audios à son client. 

Un accusé marqué par Daesh, son idéologie et son modus operandi 

L'accusé aurait par exemple évoqué le célèbre appel au djihad global lancé en 2014 par al-Adnani, l'un des responsables de Daech :« Si vous ne pouvez pas trouver d'engin explosif ou de munitions, alors isolez l'Américain infidèle, le Français infidèle, ou n'importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierres, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le… ». Aberouz aurait aussi expliqué que « ce qui fait perdre [les Occidentaux] c'est leur péché » et leur manque de conviction. Autant de messages, souligne le président Petiteau, dans lesquels sont liées « une vision opérationnelle et une vision religieuse ».

Le profil de Laberouz se dessine plus précisément : « les valeurs de la République ne sont pas les nôtres »

La défense a présenté dès le début ce dernier comme un musulman à la pratique rigoriste,extrêmement orthodoxe ». D’ailleurs  lundi son épouse religieuse, voilée de la tête aux pieds, avait avoué devant une Cour : « les valeurs de la République ne s'accordent pas avec mes valeurs ». Mardi, Aberouz a dit lui aussi à son tour ne pas se reconnaître dans « les valeurs de la République » et a affirmé que « les valeurs de l'islam ne sont pas compatibles avec les valeurs de la France » tout en dénonçant une nouvelle fois la violence.

Pas d’alibi pour Aberouz

Si, comme le soutient l'accusation, Mohamed Lamine Aberouz est bien un islamiste radical en contact avec des terroristes dont Larossi Abballa, il reste à savoir s'il a aidé Abballa et s'il était bien à ses côtés à Magnanville le soir du 13 juin 2016. Pour le policier de la Sdat, la téléphonie, mais aussi l'absence de témoignages, démontrent que, le soir du 13 juin 2016, Mohamed Lamine Aberouz n'était pas à son domicile ou dans une mosquée proche. Le témoin insiste également sur « la volonté de dissimulation » de l'accusé qui supprime son compte Telegram dans la nuit du 13 au 14 juin 2016. Pour le policier de la Sdat, et le président Petiteau  cette destruction volontaire est  incriminante. La défense de Me Vincent Brengarth : « on ne peut affirmer qu'il y a eu des conseils directs (de l'accusé à Abballa) pour commettre des attentats tout comme on ne peut confirmer des rencontres entre eux ».

L'accusation considère donc avoir réuni un faisceau d'éléments, dont la téléphonie, incriminant l'accusé. Un faisceau qui comporte également la trace ADN de l'accusé retrouvée sur l'ordinateur manipulé par Larossi Abballa le 13 juin 2016. Une trace ADN qui est au cœur des débats vendredi matin.

Michel Zerbib

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