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La Pologne va demander au Canada l’extradition du vétéran nazi ovationné au parlement

International.

La Pologne va  demander au Canada l’extradition du vétéran nazi ovationné au parlement
Le président polonais, Andrzej Duda - DR

L’affaire a été désastreuse pour le Canada et ses déboires ne sont pas finis après l’énorme bourde diplomatique d’Ottawa. Le dossier se dirige vers la Pologne soucieuse de savoir si le vétéran nazi n’a pas sévi dans le pays.

Le ministre polonais de l’Éducation a donc annoncé avoir demandé une enquête pour vérifier si cet ancien membre d’une unité SS, applaudi à Ottawa devant Volodymyr Zelensky, n’avait pas commis de crimes en Pologne.

L’affaire prend une tournure internationale

Depuis dimanche 25 septembre, le Canada est secoué par une polémique incroyable : un vétéran ukrainien de la division SS Galicie a été tout simplement ovationné vendredi par l’ensemble de la Chambre des communes à Ottawa, en la présence du président Volodymyr Zelensky. Tous les hôtes et participants jurent qu’ils ignoraient son statut. Le président du parlement Anthony Rota, à l’origine de l’invitation, a été contraint de démissionner. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car le scandale s’est étendu de l’autre côté de l’Atlantique, jusqu’en Pologne, où une demande d’extradition est envisagée.

Sur X, le ministre polonais de l’Éducation, Przemysław Czarnek, a en effet annoncé avoir «pris des mesures en vue d’une éventuelle extradition de cet homme vers la Pologne». Une enquête a été lancée à son initiative, pour vérifier si ce vétéran n’avait pas commis de crimes de guerre en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Un coup politique du gouvernement polonais en perspective des élections : jouer sur le nationalisme. Une démarche diplomatique qui a peu de chance d’aboutir

Car en  réalité, la démarche a peu de chance d’aboutir et ressemble plutôt à un coup politique dans le contexte d’échéances électorales importantes en Pologne le 15 octobre prochain. Le gouvernement au pouvoir, issu du parti conservateur Droit et Justice (PIS), tente depuis plusieurs semaines de favoriser sa réélection en campant sur des positions nationalistes. La décision d’arrêter la livraison d’armes à l’Ukraine faisait également partie de cette stratégie. Le pouvoir en place espère ainsi endiguer la montée  de l’extrême droite et conserver sa majorité.

Le processus d’extradition est un enjeu sensible a indiqué le ministre canadien de la Justice, se refusant à tout autre commentaire pour «éviter de compromettre l’enquête».

Mais une telle mesure semble difficilement applicable, compte tenu de l’âge du vétéran Yaroslav Hunka (98 ans). Il faudra surtout, pour les Polonais, prouver que l’ancien membre de la SS Galicie a effectivement commis des crimes de guerre, plus de 75 ans après les faits.

Les députés de l’Assemblée nationale du Québec ont adopté mardi 26 septembre une motion du Parti Québécois à l’unanimité, afin de se dissocier officiellement des événements qui se sont déroulés dans la Chambre des communes d’Ottawa

«Nous sommes associés à cela, malgré nous», a regretté le chef du parti Paul St-Pierre Plamondon lors d’un point presse. «Nous avons un héritage en diplomatie québécoise, c’est la doctrine Gérin-Lajoie, qui consiste notamment à s’assurer que le Québec rayonne et se distingue du Canada», a-t-il justifié. Et de conclure : «Nous n’avons rien à voir avec cette bourde historique, monumentale, honteuse».

Michel Zerbib

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