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Liban. Le jeu dangereux du Hezbollah

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Liban. Le jeu dangereux du Hezbollah
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah - Al-Manar

Le ministre israélien de la Défense est en ce moment aux Etats-Unis pour parler du dossier Liban-Iran. Aujourd'hui, le Conseil de Sécurité de l'Onu doit voter la reconduction du mandat des casques bleus de la FINUL à la frontière entre le Liban et Israël. La trajectoire d'escalade est un risque qui augmente, comme le ministre israélien de la Défense l'a expliqué au Secrétaire général des Nations Unies, qui l'a reçu mardi à New York. Le Liban, et derrière lui le Hezbollah, réclame une réduction des activités de la force de l'Onu, ce à quoi Israël s'oppose catégoriquement. Les incidents sont quasiment quotidiens, même s'ils restent toujours sous le seuil de confrontation. Le Hezbollah a déployé près  de la frontière environ un millier d'hommes de la force Radwan, son unité d'élite, spécialement entrainée pour envahir le nord d'Israël en cas de guerre. Les miliciens avancent au plus près de la ligne bleue frontalière pour narguer les forces israéliennes, alors que la zone frontalière n'est autorisée qu'à l'armée régulière libanaise et à la Finul. Les casques bleus de l'Onu ne peuvent pas faire grand-chose, d'autant qu'ils n'ont pas le droit de patrouiller sur des propriétés privées et comme par hasard, on recense de plus en plus de terrains privés sur la frontière avec Israël. Les Israéliens n'ont  jamais vraiment compté sur les casques bleus de l'Onu pour contenir le Hezbollah ou enrayer des attaques contre son territoire. Mais c'est pour Israël un moyen de rappeler que ce n'est pas lui qui viole les résolutions du Conseil de Sécurité et en particulier la résolution 1701, qui avait fixé le tracé de la frontière. Il n'empêche que toute la dissuasion générée par la guerre du Liban de 2006 se réduit comme peau de chagrin et que le Hezbollah repousse progressivement les limites, persuadé qu'Israël est en train de s'affaiblir.

L'organisation chiite joue sur les points de litige sur le tracé de la frontière entre Israël et le Liban et affirme notamment qu'Israël construit son nouveau mur de défense sur des portions de territoire appartenant au Liban, alors qu'il s'agit essentiellement de territoires conquis sur la Syrie en 1967. Et la milice chiite tient à son statut de défenseur autoproclamé du Liban contre l'ennemi sioniste. Il ne faut pas oublier qu'à la fin de la guerre civile libanaise il y a près de 40 ans, c'était la seule organisation qui avait obtenu de conserver ses armes et il a besoin de maintenir cette tension pour justifier son arsenal, alimenté par l'Iran. Le Hezbollah représente d'ailleurs une sorte de police d'assurance pour le régime de Téhéran, comme l'explique Tamir Heyman, un ancien commandant des renseignements de Tsahal. La milice chiite libanaise, avec sa puissance de feu, est l'arme que l'Iran retournera contre Israël si Israël ou les Etats-Unis décident de frapper ses installations nucléaires.

Si le Hezbollah ne table pas sur une confrontation de grande ampleur, il ne serait pas contre un conflit limité qui retournerait la dissuasion à son avantage. L'organisation libanaise a un stock colossal de plus de 100.000 roquettes et missiles pointés sur Israël, mais Israël de son côté a les ressources nécessaires pour "renvoyer le Liban à l'âge de pierre", comme l'a rappelé le ministre Yoav Gallant. Ce qui n'exclut pas un conflit de moindre échelle, mais suffisant pour porter des coups sérieux aux deux camps.

Pascale Zonszain

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