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«Le signe d'un prosélytisme politique et religieux» : dans les Alpes-Maritimes, une députée propose une loi contre le burkini

France.

Chaque été depuis une dizaine d’années on reparle du maillot de bain musulman, le Burkini, pour s’en inquiéter comme une atteinte à la laïcité ou pour l’autoriser comme un signe de  liberté religieuse et d’expression en France . Un débat qui n’est pas prêt de se refermer sans polémique avec une initiative législative du parti Les Républicains.

Le Conseil d’Etat a suspendu un arrêté d’interdiction du burkini à la plage de Mandelieu-la-Napoule. « Le port du burkini est un acte islamique », selon ce député

Le 17 juillet, le Conseil d’État a suspendu l’arrêté de la ville de Mandelieu-la-Napoule concernant l’interdiction du burkini à la plage, sur appel de la Ligue des droits de l'Homme. Avec la loi qu’elle porte à l’Hémicycle, la députée LR Alexandra Martin entend faire appliquer «les principes de neutralité et de laïcité». Alexandra Martin estime en effet que le port du burkini est «un acte politique islamique».  C’est en concertation avec les chefs de file de sa famille politique dont son voisin de circonscription Éric Ciotti, qu’ elle a décidé mardi de porter à l’hémicycle une proposition de loi visant à interdire le port du burkini sur les plages et dans les piscines.  Cette proposition entend faire appliquer «les principes de neutralité et de laïcité», sur les lieux concernés mais à l’échelle nationale. «Je suis persuadée que cette loi aiderait beaucoup de femmes» a plaidé l’élue républicaine. Pendant plus de dix ans, la ville de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) a fait passer un arrêté réglementant la tenue de baignade pendant la période estivale sur son territoire. Autrement dit : pas de burkini à la plage et à la piscine municipale. Question d’hygiène d’abord, de sécurité publique ensuite.

Les motivations du Conseil d’Etat sur l’autorisation du Burkini , le désarroi du maire de Mandelieu

La plus haute autorité administrative française a jugé que la municipalité n’avait mentionné aucun trouble «récent» à l’ordre public mettant en cause le burkini, si ce n’est quelques faits de longue date et un contexte général de menace terroriste après les attentats de Nice en 2016 et 2020. Aussi le Conseil d’Etat ne pouvait motiver l’interdiction de l’habit musulman, quand bien même il serait de nature à remettre en cause la laïcité sur son fondement de séparation entre l’État et les cultes. Sébastien Leroy, le maire (LR) de Mandelieu, avait aussitôt fait part de son désappointement. «La République vient, à nouveau, de céder face au communautarisme et à l'islamisme», a t-il déploré dès le 18 juillet par voie de communiqué. Et d’ajouter : «Alors que des femmes se battent et meurent pour retrouver leur liberté dans le monde entier, la France laisse leur asservissement se développer sur son propre sol au nom des Droits de l'Homme.»

Une loi générale pour éviter le cas par cas ?

Voilà pourquoi la députée de la 8e circonscription des Alpes-Maritimes, Alexandra Martin, proche du maire de Cannes David Lisnard, a souhaité prêter main-forte au maire de Mandelieu. La députée voit dans le burkini «le signe d’un prosélytisme politique et religieux, mais aussi d’asservissement de la femme à l’heure où celles-ci se battent, au péril de leur vie, dans le monde entier, pour retrouver leur liberté.» D’après un sondage de l’institut CSA pour CNEWS dont les résultats ont été publiés le 20 juillet, six Français sur 10 (62%) seraient opposés au port du burkini et souhaiteraient qu’il soit interdit à la plage. Michel Zerbib

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