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Israël et la Turquie coopèrent contre le terrorisme iranien

Israël.

Israël et la Turquie coopèrent contre le terrorisme iranien
(Crédit : DR)

Quand le ministre israélien des Affaires étrangères en personne lance un appel public à ses compatriotes pour qu'ils rentrent immédiatement d'Istanbul ou qu'ils annulent leur voyage en Turquie, le contrecoup logique doit être un incident diplomatique entre Jérusalem et Ankara. Sauf que c'est exactement le contraire. Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères répond que son pays met tout en œuvre et coopère pour combattre le terrorisme. Et de fait, cela fait plusieurs semaines que les services israéliens et turcs travaillent ensemble pour identifier, localiser et neutraliser les cellules et les agents iraniens et leurs complices locaux qui cherchent des cibles israéliennes en Turquie. Dans la guerre de l'ombre que se livrent l'Iran et Israël, les deux camps s'affrontent directement ou indirectement. L'Iran par l'intermédiaire de ses milices en Syrie, au Liban ou ailleurs dans la région, Israël par des frappes militaires en Syrie, dans le Golfe et parfois au-delà. Et garde un silence officiel complet sur ses supposées opérations d'éliminations ciblées au cœur de l'Iran.

Et quand le bras armé de Téhéran n'arrive pas ou ne veut pas frapper directement, il cherche des cibles ailleurs. C'est ce qui se passe actuellement en Turquie, un pays proche et facile d'accès qui a aussi l'intérêt d'accueillir de nombreux Israéliens. En février, une tentative d'assassinat avait été déjouée contre un homme d'affaire israélo-turc, quand les services de sécurité turcs, en partie sur des informations fournies par les renseignements israéliens avaient arrêté une cellule composée d'Iraniens et de Turcs, qui projetait aussi d'autres meurtres de ressortissants israéliens. Il y a quelques semaines une autre tentative d'enlèvement et d'assassinat de touristes israéliens avait été enrayée par la sécurité turque. Mais d'autres cellules iraniennes circulent encore à Istanbul, comme l'a confirmé hier le bureau de contre-terrorisme israélien qui a donc décidé de maintenir au niveau 4, le niveau maximal, son avertissement aux voyageurs pour la Turquie. "Il y a danger de mort réel" insiste le Conseil de Sécurité Nationale à Jérusalem.

Et donc, en dépit de ces avertissements répétés, non seulement Ankara ne proteste pas, mais coopère et le fait savoir. C'est que le président Erdogan ne veut pas voir ruinés des mois d'efforts pour se rapprocher d'Israël après plus d'une décennie de relations en berne. Le chef d'Etat turc considère qu'il a absolument besoin de renouer avec Jérusalem, comme un des moyens de sortir son pays de la grave crise économique dans laquelle il se débat, notamment mais pas seulement, grâce au tourisme israélien. En mars, il a reçu en grande pompe son homologue israélien Itzhak Herzog. Le mois dernier, il a dépêché à Jérusalem son ministre des Affaires étrangères. Et il n'est pas question pour lui que son pays devienne le terrain d'action des Iraniens pour frapper Israël. Et ce d'autant que les relations entre Ankara et Téhéran ne sont pas vraiment au beau fixe, alors que l'Iran redoute de voir la Turquie lancer une nouvelle opération en Syrie, dans une zone sous son contrôle, mais aussi ses vues sur les pays du Caucase, voisins de l'Iran, où elle veut étendre son influence.

Autant de raisons pour Erdogan de veiller à ce que sa police mette hors d'état de nuire les commandos iraniens qui cherchent des victimes israéliennes à Istanbul. Et aussi quoi de mieux pour regagner les faveurs de Washington, que de veiller à la sécurité de son allié israélien.

Pascale Zonszain

pzoom150622

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