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La confusion politique des Arabes israéliens

Israël.

La confusion politique des Arabes israéliens
(Crédit : Noam Moshkavitz/GPO)

Dans cette crise politique qui met en jeu la survie du gouvernement Bennett-Lapid, ce sont bien les deux listes arabes qui vont jouer un rôle déterminant. On en a déjà eu un premier exemple lundi, quand la Liste Arabe avait voté contre la motion de censure, car elle risquait de permettre le retour de Benyamin Netanyahou à la tête du gouvernement. Dans la Knesset actuelle, on le sait, les partis arabes sont des deux côtés de l'hémicycle. La Liste Arabe Conjointe, qui siège dans l'opposition est en fait le regroupement de trois partis, le Hadash, émanation de l'ancien parti communiste israélien, Balaad, le parti pour le renouveau démocratique qui prône un Etat sans caractère national juif et Tal,  un parti musulman conservateur, fondé par Ahmed Tibi. A cela, il faut donc ajouter le parti Ra'am, expression politique du Mouvement islamique. Ces quatre partis ont commencé par siéger à la Knesset séparément. C'est lors de la réforme électorale de 2014, qui relevait le seuil de représentativité à 4 sièges, que les partis arabes ont décidé de former une liste commune pour garantir leur représentation au parlement. En mars 2020, la Liste Arabe Conjointe avait même obtenu 15 sièges à la Knesset, devenant ainsi la troisième force politique du pays.

La donne a changé quand le parti Ra'am a repris son indépendance. Aux législatives de mars 2021, le parti islamiste obtenait 4 sièges, tandis que la Liste Arabe Conjointe en affichait 6. Et pour la première fois, le Ra'am sautait le pas, en acceptant de rejoindre une coalition parlementaire, ce qu'aucun parti arabe n'avait fait avant lui. Même si son leader Mansour Abbas a publiquement reconnu la réalité de l'Etat d'Israël comme Etat juif, le chef du parti islamiste n'est pas devenu sioniste pour autant, mais a seulement opté pour le pragmatisme, escomptant que la Realpolitik serait plus utile au secteur arabe que le refus systématique d'intégrer la politique au niveau national.

L'alliance a été d'autant plus surprenante qu'elle s'est scellée avec des partis de gauche et de centre-gauche, mais aussi avec des partis de la droite nationaliste. Et l'on sait que cette coalition hétéroclite s'est réunie autour de son rejet de Benyamin Netanyahou. Il était pourtant clair que ce seul ciment ne serait pas assez solide pour maintenir sa cohésion sur le long terme. Mais surtout, pour le parti Ra'am, la difficulté principale a été dès le début de légitimer son choix en produisant des résultats. Or, même s'il a effectivement obtenu des mesures, notamment pour la reconnaissance de certaines localités bédouines du Néguev, mais aussi des plans décidés par le gouvernement pour l'économie et la sécurité du secteur arabe, le délai entre la prise de décision et sa visibilité sur le terrain, a clairement déçu sa base électorale, qui estime que le jeu n'en valait pas la chandelle. C'est ce qui ressort du sondage sur les intentions de vote diffusé en début de semaine par la chaine 13 de la télévision israélienne, qui constate que le parti Ra'am n'atteint plus le seuil minimum pour siéger à la Knesset. Et ce sont même deux sièges qui disparaissent totalement du vote arabe, puisque la Liste Arabe n'est créditée que de 8 sièges. Cette nouvelle crise politique, qui rapproche encore une fois les Israéliens des élections, touche donc aussi de plein fouet le secteur arabe, qui cherche toujours sa place sur l'échiquier israélien.

Pascale Zonszain

pzoom110522

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