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Jonathan Chetrit sur Radio J à propos de l’attentat d’Ozar Hatorah : "Certains élèves ont perdu leur innocence ce jour-là"

France.

Jonathan Chetrit sur Radio J à propos de l’attentat d’Ozar Hatorah : "Certains élèves ont perdu leur innocence ce jour-là"
(Crédit : Twitter)

Jonathan Chetrit, survivant de l’attentat de l’école d’Ozar Hatorah de 2012, était ce vendredi matin au micro d’Ilana Ferhadian à 8h35 dans le Morning de Radio J. Il a présenté son livre Toulouse 19 mars 2012, l'attentat de l'école Ozar Hatorah par ceux qui l'ont vécu, publié cette semaine aux éditions Albin Michel.

Un ouvrage pour lequel le jeune-homme a recueilli le témoignage d’élèves, de parents, de professeurs. Tous racontent quasiment minute par minute l'horreur du 19 mars 2012, quand le terroriste Mohamed Merah est entré dans ce collège lycée et a tué quatre personnes dont plusieurs enfants parce que juifs. Ils s’appelaient, Jonathan, Gabriel, Arié et Myriam. Élève de Terminale, il était dans l’école au moment de la tuerie et a assisté à ces scènes d’horreur. « Au départ, le projet de ce livre était personnel, j’ai toujours eu le besoin d’écrire à ce sujet, mais le temps libre laissé par le confinement m’a poussé à franchir le pas. Je me suis jeté à l’eau pour les élèves, les témoins, les victimes, qu'elles soient directes ou indirectes, pour leur laisser enfin la possibilité de parler, de raconter ce qu'ils ont vécu ce matin-là. Certains, que je comprends parfaitement, ont refusé de parler », a expliqué Jonathan Chetrit.

Et parmi les témoignages qui figurent dans le livre, certains sont particulièrement troublants. En effet, plusieurs personnes indiquent avoir eu un pressentiment, avoir fait des cauchemars la veille, ne pas se sentir bien aussi le jour même. « Cela n’est pas dû au hasard si autant d’élèves ont fait des cauchemars ou ont eu un mauvais pressentiment. C’était comme un moyen de nous prévenir », a indiqué Jonathan Chetrit.

Un jour ordinaire, « banal », ce 19 mars tout commence comme une journée normale, des parents qui emmènent leurs enfants à l’école, certains se dirigent pour la prière du matin à la synagogue, quand des coups de feu résonnent. « On ne réalise pas sur le moment on se dit que ce sont des pétards », a raconté Jonathan Chetrit.

Jonathan, 17 ans, est en train de prier et c’est la CPE de l’école qui vient le voir et qui hurle qu’il y a un tireur dans l’école. Là c’est la consternation, le choc, certains n’y croient pas. Tout de suite le jeune homme comprend ce qu’il se passe et se met à l’abri avec d’autres élèves. Le terroriste Merah arrive devant l’école et s’en prend à la famille Sandler et à la petite Myriam Monsonego.

Certains élèves ont pu voir le terroriste, qui « riait ». C’est ce que raconte Beïla, 12 ans, en sixième cette année-là. Elle voit le terroriste rire et crier en arabe. « Cela représente parfaitement l’atrocité de ses actes, on est au-delà de l’entendement », a déclaré Jonathan Chetrit.

Marqué à vie par l’horreur de ce matin là, Jonathan Chetrit confie dans son livre vivre avec un stress qui ne l’a jamais quitté. Jonathan a peur des transports en commun, des amphithéâtres. Il confie également éviter de se retrouver assis en plein milieu et privilégier toujours une place proche des issues. "Ozar Hatorah Toulouse c’était une famille, on était tous très liés. Tous les élèves présents ce jour-là se souviendront de la couleur des collants de Myriam. Elle aurait pu être la petite soeur de chacun d’entre nous. Certains ont perdu leur innocence ce jour-là. Ce sont des lycéens et des collégiens qui ont déplacé les corps pour préserver les plus jeunes." 

https://youtu.be/-E-a9gMie7w

Alexandra Senigou

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