La Radio Juive

Soulager les douleurs d’arthrose, la chronique du docteur Serge Rafal

Cette maladie articulaire généralement peu grave mais bien souvent handicapante est fréquente puisqu’elle concerne 10M de Français. Elle constitue la 1ère cause d’invalidité chez les adultes dans le monde et la 2ème cause de consultation en médecine générale chez nous, juste derrière les maladies cardio-vasculaires. Elle est souvent difficile à soulager, je ne parle même pas de traiter, les nouvelles recherchent concernant le cartilage, la cible prioritaire des chercheurs, n’ont pas abouti à des innovations thérapeutiques. 

Classiquement une douleur mécanique, déclenchée par l’effort, une évolution par poussées où des épisodes douloureux alternent avec des périodes d’accalmie. A un stade plus avancé, les articulations peuvent gonfler, la mobilité articulaire se réduire, la douleur s’installer durablement.

En dehors des antalgiques qui calment la douleur et des anti-inflammatoires utiles lors des poussées, aucune molécule ne s’est imposée sur l’arthrose, la solution viendra peut-être des biothérapiques qui s’avèrent efficaces contre la PCE mais qui ont de nombreux inconvénients (coût, contre-indications, effets 2aires). Même un produit que nous pensions inoffensif, le paracétamol s’est avéré dangereux pour le foie, aux doses thérapeutiques, supérieures à 3g/jour. Et les antalgiques qui contiennent un opiacé (opium, codéine, tramadol) présentent un risque d’addiction lors d’une utilisation au long cours comme ici. Si bien que les « petits moyens » restent d’un usage quotidien : l’application de chaud sur le dos, de froid sur une articulation, le port d’une ceinture contre une douleur lombaire, d’une orthèse pour un pouce arthrosique en poussée. 

La kinésithérapie efficace ? Oui des étirements et un travail postural permettent de conserver plus longtemps la mobilité et la stabilité articulaire. Ces exercices, associés parfois à du yoga, de la gym douce, de l’ostéogym peuvent aider. Ils gagnent à être initiés par un professionnel de santé ou de coaching et adaptés à chaque patient. 

Des compléments alimentaires efficaces ? Vous voulez probablement parler de la glucosamine et de la chondroïtine qui ont d’ailleurs été longtemps remboursées par la SS. Même si leur efficacité a été remise en question, elles semblent en association, 1g de chaque par jour, réduire l’inflammation et la douleur. Sans oublier les om-3 dont on connaît bien dans cette rubrique, l’action anti-inflammatoire.

Bien sûr les oligo-éléments et les vitamines sont utiles. Le magnésium, pour faciliter la contraction musculaire (300-400 mg/jour, en plusieurs prises), le cuivre pour son activité anti-inflammatoire. Et n’oublions pas le soufre, largement utilisé dans les villes thermales à orientation rhumatologique (Enghien, Challes-les-eaux, Fumades), la silice (orale ou locale), et les vitamines du groupe B.

Je placerai en tête les bourgeons de plantes dans des mélanges « eau, alcool, glycérine » qu’on appelle les macérats, le cassis a ma préférence. Il se prescrit en 1ère D, 50 gouttes dans un peu d’eau, avant les 2 principaux repas, pendant qqs semaines. On peut y associer les bourgeons de pin et la sève de bouleau. Les extraits de plantes, cassis toujours mais aussi reine des prés et curcuma dont nous avons parlé récemment, me semblent plus efficaces que la griffe du diable africaine ou harpagophytum. Et sur les douleurs des petites articulations, des muscles ou des tendons, l’huile essentielle de gaulthérie, dans un peu d’huile d’amande douce peut être utile tout comme le Baume du Tigre rouge, à base de clou de girofle.

A défaut de guérir, soulager constitue un objectif noble et utile. « C’est déjà ça » comme le chante si justement le grand Souchon.

Docteur Serge Rafal

LE 02-12-22 - 08:30