La Radio Juive

Prévenir les cancers à HPV grâce au vaccin, la chronique du docteur Serge Rafal

Les papillomavirus encore appelés HPV sont responsables dans le monde d’environ 600 000 cancers par an, dans une population jeune. C’est la raison pour laquelle l’OMS a lancé l’an passé une grande campagne d’information, de sensibilisation, de prévention pour inciter la jeunesse à se faire vacciner.

Il s’agit d’une famille de plus de 150 types de virus différents qui infectent l’homme et la femme. Une quarantaine d’entre eux se transmettent par un rapport sexuel ou le simple contact avec la peau ou les muqueuses, c’est à dire avec ou sans pénétration, le préservatif ne protège donc pas totalement. Certains de ces virus, pas tous, sont à fort risque oncogène, pouvant déclencher des cancers du col de l‘utérus, du pénis, de l’anus, du vagin, de la vulve et même de la gorge. Ces virus sont si contagieux que la plupart des hommes et des femmes sont contaminés durant leur vie, fort heureusement le plus souvent sans conséquences.

Souvent asymptomatique dans la majorité des cas, l’infection est volontiers sournoise et transitoire. Elle touche le col de l’utérus mais le système immunitaire arrive généralement à s’en débarrasser. Mais dans certains cas, peuvent s’observer une lésion pré-K ou un cancer qui apparaissent quelques mois ou années après la lésion initiale. Ce risque est plus élevé avec une 15aine de ces virus, tout particulièrement les HPV 16 et 18, responsables de ¾ des cas.

Un 1er rapport précoce, de multiples partenaires sexuels, l’immunosuppression, des infections sexuelles à répétition (chlamydias). Et bien sûr des facteurs généraux : mauvaise hygiène de vie, tabagisme.

Le dépistage régulier du cancer du col pour toutes les femmes de 25 à 65 ans, par frottis du col avec test HPV ou examen cytologique.

Les infections à HPV sont extrêmement fréquentes mais guérissent spontanément, nous l’avons dit, dans la majorité des cas. Leur positivité pourrait amener une débauche d’examens inutiles et potentiellement agressifs, dans la perspective par exemple d’une grossesse ultérieure.

Les vaccins sont au nombre de 3 : Cervarix°, Gardasil° et Gardasil° 9 qui protègent contre les types 16 et 18. Les Gardasil° ont un spectre plus large sur les virus responsables de verrues génitales et 20% d’autres cancers. Leur efficacité est de plus de 90% lorsqu’ils sont injectés tôt, avant les 1ers rapports sexuels. Et elle chute à 50% après les premiers rapports car le pic a lieu à ce moment-là.

Vaccins pour les filles et les garçons ? Effectivement, entre 11 et 14 ans, selon un schéma à 2 doses. Ou un rattrapage entre 15 et 19 ans, mais à 3 doses. Et jusqu’à 26 ans pour les garçons homos. Ce vaccin était destiné au départ à la prévention du cancer du col mais on s’est rendu compte que 4 cancers sur 10 se produisaient également chez les garçons d’où la recommandation à tous les garçons homos ou hétéros. 

Douleur au point d’injection, température, fatigue. Mais aucun lien avec les maladies auto-immunes.

« Il n’y a pas de vaccin contre la stupidité », dit Albert Einstein. C’est bien dommage. Alors contentons-nous de ceux que nous possédons et faisons confiance en la vaccination, une des découvertes les plus importantes de l’histoire de la médecine.

Docteur Serge Rafal

LE 28-11-22 - 09:41