La Radio Juive

Evaluer et prévenir le risque cardio-vasculaire, la chronique du docteur Serge Rafal

C’est un thème récurrent de notre rubrique car les pathologies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité dans le monde et la deuxième en France, juste derrière le cancer. Et comme les facteurs de risques sont à présent parfaitement identifiés, il est possible de proposer des mesures de prévention.

L’athérothrombose c’est à dire l’obstruction des artères par des plaques graisseuses d’athérome, responsable de l’angine de poitrine (on dit maintenant angor), de l’IDM, des AVC et leur composante mineure l’AIT (accident ischémique transitoire), l’AOMI (ex artérite des membres inférieurs)… mais aussi des complications liées à une hypoperfusion vasculaire : les insuffisances cardiaques et  rénales, la démence. 

L’IDM, c’est 100 000 cas/an, les AVC, 130 000. C’est moins précis pour l’artérite car tous les cas ne sont pas explorés car pas toujours symptomatiques. 

Les facteurs de risques sont répartis en 2 groupes : – Ceux qui ne sont pas modifiables : l’âge, le sexe, l’hérédité, – Ceux qui le sont : l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, les dyslipidémies (cholestérol, 3-glyc), le surpoids et l’obésité, le périmètre abdominal > 102 cms chez l’homme, 88 cms chez la femme, la sédentarité, la malbouffe. On peut rajouter d’autres facteurs de risques élevés qui se surajoutent : l’IRC, le diabète T2, l’hypertension artérielle résistante. -> Une corrélation entre ces éléments et la survenue d’événements cardio-vasculaires est à présent démontrée par de nombreuses études réalisées depuis les années 50.

Il convient d’abord d’évaluer ce risque cardio-vasculaire en vérifiant la présence ou pas, d’un ou plusieurs des facteurs dont je viens de parler ou à l’aide de méthodes de modélisation (outil SCORE). Puis de proposer une modification du mode de vie et enfin un traitement adapté si le risque reste élevé ou très élevé.

Le mode de vie occupe la place la plus importante dans la prise en charge des facteurs de risques, que ce soit en prévention primaire ou secondaire. Cette correction nécessite un suivi médical régulier et un engagement à long terme sur des objectifs librement acceptés.  

– Stopper le tabac par tous les moyens (volonté, patch, substituts, CE), – Réduire les mauvaises graisses du sang, cholestérol et 3-glyc en surveillant son alimentation (attention à la malbouffe et à l’alcool) et en prenant éventuellement des médicaments, – Equilibrer parfaitement une éventuelle hypertension artérielle, – Empêcher autant que possible l’apparition d’un diabète (objectif Hb gliquée < 7%) ou le traiter, – Perdre du poids et en particulier réduire son périmètre abdominal, – Bouger très régulièrement… ce qui passe par une activité physique quotidienne, – Protéger son sommeil, de préférence par des moyens non-médicamenteux, – Tenter d’éviter le stress ou à défaut le limiter par des techniques mentales et de relaxation. La place de l’aspirine à faibles doses est réservée à la prévention secondaire, c’est à dire après un accident ou une maladie cardio-vasculaire. Son utilisation en prévention 1aire ne fait pas l’objet d’un consensus.

« Coeur insouciant vit longtemps » nous dit Shakespeare. Oui mais à condition d’en prendre soin et de prévenir tout risque à présent parfaitement identifié. La première mesure, commune à toutes les situations concerne évidemment l’hygiène de vie, dont nous parlons au moins 1 fois par semaine dans cette rubrique.

Docteur Serge Rafal

LE 25-11-22 - 08:30