La Radio Juive

Découvrir les bienfaits du thym, la chronique du docteur Serge Rafal

Cette plante, originaire du bassin méditerranéen, donc très présente dans les garrigues du sud de la France, fait partie de la famille des lamiacées, qui comprend plus de 300 espèces de plantes aromatiques vivaces, riches en phénols (thymol, géraniol, linalol) et en HE. Elle sert chez les Egyptiens à embaumer les morts. Les Grecs l’introduisent dans certains de leurs plats (fromages, salades, viandes marinées) et dans l’eau du bain pour son odeur et parce qu’elle avait la réputation disait-on de stimuler le courage. Les Romains s’en servent pour la fabrication de cosmétiques. Les sorcières du Moyen-Âge la mélangent à la mandragore, la marjolaine, la myrte pour élaborer des philtres d’amour. Mais elle est surtout largement utilisée contre les grandes épidémies (lèpre, peste) pour ses propriétés anti-infectieuses, ORL (bouche, gorge, nez) et respiratoires. Le thym est en effet intéressant contre les aphtes, les caries, les gingivites, la mauvaise haleine. Il calme la toux et favorise l’expectoration, ce qui aide à dégager les bronches. Il stimule en outre l’immunité et calme les affections de la peau grâce à sa concentration en flavonoïdes, dont nous avons déjà évoqué dans cette rubrique le puissant pouvoir antioxydant.

Le thym contient en particulier un principe anxiolytique naturel, le carvacrol, qui permettrait aux angoissés de mieux s’endormir le soir. Il a également une action détoxifiante du foie, seul ou en association avec l’anis vert, la camomille, la mélisse, la menthe poivrée. Il contient de bonnes quantités de minéraux intéressants (calcium++, fer, magnésium++, Mn, potassium++), les vitamines C (160 mg mais pour 100g) et K. Mais ceci est toutefois à relativiser car les quantités consommées sont habituellement faibles.

Comment l’utilise t-on ? Per os ou sur la peau : – Par voie interne pour lutter contre les maux hivernaux et soulager les troubles digestifs mineurs : 20 à 30 gouttes d’extrait fluide ou de TM, 2-3 fois par jour ou en tisane. 1 goutte d’HE de thym à linalol dans un peu de miel, 2-3 fois par jour ; – Par voie externe pour soulager certaines affections et pathologies cutanées : mycoses, piqures d’insectes, petites plaies. Ne jamais appliquer l’huile essentielle pure sur la peau car elle peut être irritante.

Des contre-indications : la femme enceinte et allaitante, l’enfant. Et comme il contient un peu de vitamine K, il faut être prudent chez les patients sous anticoagulants. Et attention chez les patients allergiques aux labiées et aux allergies croisées avec le bouleau et le céleri. Attention au choix des huiles essentielles de thym mais pas de problème lorsqu’on l’utilise sous forme de tisane.

On prend 250 ml d’eau qu’on fait bouillir. On ajoute 3 g de thym séché soit 2 c à café. On laisse infuser une 10aine de minutes, plutôt à couvert, pour ne pas laisser évaporer les huiles essentielles. On peut rajouter un peu de miel d’eucalyptus pour obtenir une synergie d’action respiratoire. On en boit 2-3 tasses par jour. On peut également l’utiliser en gargarismes en cas de mal de gorge. 

« Ce qu’on appelle eau bouillie à Tarascon, c’est qqs tranches de pain, noyées dans de l’eau chaude, avec une gousse d’ail, un peu de thym, un brin de laurier » écrit Alphonse Daudet dans « Tartarin de Tarascon ». Ca peut paraître suranné mais voilà une belle recette-santé dont je ne garantis pas la saveur mais qui peut être fort utile en période ou en début d’infection.

Docteur Serge Rafal

LE 30-09-22 - 08:30