La Radio Juive

De l’importance d’augmenter naturellement sa production de dopamine, la chronique du docteur Serge Rafal

La dopamine est un neurotransmetteur-clé du cerveau. Elle joue sur le plaisir immédiat (aliment sucré, cigarette, relation sexuelle) vous l’avez dit, mais également sur l’attention, l’envie, la motivation, l’initiative, la concentration, le fonctionnement du cœur et des reins, l’interruption de la production du lait maternel après l’accouchement. Elle est donc impliquée dans de nombreuses fonctions, troubles et pathologies et bien entendu la maladie de Parkinson où sa diminution, par destruction des récepteurs dits dopaminergiques qui contrôlent le mouvement, est responsable des symptômes fréquents et fort gênants qui la caractérisent : tremblements, blocages, lenteur motrice voire apathie, fatigue sévère, difficultés de concentration. Et c’est la raison pour laquelle, on traite ces troubles par la lévodopa, qui en se transformant en dopamine dans le cerveau , permet de rétablir une transmission défaillante.

Elle peut alors entraîner des symptômes de type schizophrénie avec en particulier de l’agressivité. Mais ses effets sont contrebalancés par la sérotonine, un des neurotransmetteurs de la dépression. Et c’est d’ailleurs cet équilibre « sérotonine-dopamine » qui stabilise l’humeur et les envies de faire.

Artificiellement par les médicaments. Naturellement, principalement par l’alimentation et l’activité physique. Il est en effet possible de booster sa dopamine en consommant des aliments riches en phénylalanine et en tyrosine, 2 de ses précurseurs immédiats. On les trouve dans : l’amande, l’avocat, la banane, la betterave, les céréales, le chocolat noir, le chou, le fromage, différents graines (chia, citrouille, sésame, tournesol), le lait et les produits laitiers (fromages), les légumes secs, l’œuf, les oléagineux (amande, arachide, noix), le tofu, la viande (volaille). Des chercheurs de la Harvard Medical School ont également établi un lien entre les apports en oméga-3 et la concentration en dopamine. C’est ainsi qu’aux aliments précédents, on peut rajouter 2 c à soupe par jour d’huile de colza, riche en om-3 végétaux et 2 portions par semaine de poissons gras (hareng, maquereau, sardine, saumon… thon) qui contiennent eux les indispensables om-3 d’origine animale. Des études récentes semblent confirmer que la curcumine empêche sa dégradation précoce, que le thé vert et la vitamine B6 favorisent sa transmission donc son efficacité. Quant à l’activité physique, elle libère d’autres neurotransmetteurs comme les endorphines qui procurent également bien-être et plaisir. Elle gagne en outre à être pratiquée en extérieur, afin de produire la précieuse vitamine D qui active sa libération.

Une musique qui fait plaisir ou des activités créatrices (dessin, écriture, peinture, sculpture) ; – Du temps passé avec des personnes qu’on aime afin de booster l’ocytocine, l’hormone de l’attachement ; – Des activités de relaxation ou de la méditation en pleine conscience avec son impact sur la capacité d’apprentissage, la créativité, la concentration.

Je citerai 2 plantes intéressantes : – Le mucuna pruriens, de la médecine ayurvédique, qui contiendrait de la L-Dopa, le précurseur de la dopamine,

– La rhodiole qui évite sa dégradation.

Nous ne sommes pas obligés de suivre un proverbe français qui nous dit que : « La peine et le plaisir se suivent ». Carpe diem, faites-vous plaisir en mangeant, en bougeant, en aimant. La dopamine comme l’intendance suivra. 

Docteur Serge Rafal

LE 23-09-22 - 08:30